Jean-Marie Le Pen : "la dédiabolisation du FN est en échec"

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Invité d'Europe 1 samedi, le cofondateur du Front national Jean-Marie Le Pen, qui n'est pas invité au séminaire d'introspection de son parti, a critiqué la stratégie de la présidente du mouvement. 

INTERVIEW

Le cofondateur du Front national, exclu de son parti il y a six mois, n'a pas été invité au séminaire d'introspection de son parti dans l'Essonne. Cela n'empêche pas Jean-Marie Le Pen de prendre la parole samedi sur Europe 1 pour critiquer la stratégie du FN pour 2017

"La direction du FN commet une erreur". Concernant ce séminaire à huis clos qui réunit les cadres du parti, Jean-Marie Le Pen a estimé que "la direction du FN commet une erreur". Il a critiqué le fait que "le seul organisme démocratique du parti, le comité central qui comprend 120 personnes n'ait pas été réuni". "On fait un séminaire avec des personnalités sélectionnées " dans le but selon le cofondateur du mouvement d'obtenir du parti "ce qu'on espère de lui c'est-à-dire la dédiabiolisation qui est en échec". "Ce qui fait la lucidité du FN ce sont la lucidité des analyses qu'il a eu vis-à-vis des phénomènes migratoires", a-t-il poursuivi. "L'abandon de ce sujet-là, symbolisé par l'exclusion du fondateur du FN, est une erreur", a-t-il ajouté. 

Comment faire sauter "le plafond de verre". Pour le député européen, "ce sont les fondamentaux du FN qui ont fait son succès électoral beaucoup plus que la qualité indéniable de certains". "Si on veut faire sauter le fameux plafond de verre, c'est l'événement qui le fera sauter", a-t-il expliqué, "c'est le fait que le FN sera réputé pour avoir eu raison contre tous les autres". "Quand il y a une crise, on peut avoir des basculements de l'opinion qui font sauter le plafond de verre si l'on reste sur les fondamentaux", a-t-il ajouté. 

Interrogé sur la situation à Calais et l'appel à manifester samedi après-midi d'un mouvement hostile aux migrants, Jean-Marie Le Pen a assuré qu'il était "prévisible que les citoyens réagissent si l'Etat ne fait pas son métier". 

Le changement de nom. Très hostile au changement de nom du parti qu'il a créé, Jean-Marie Le Pen a été clair : "c'est ce nom qui a fait 6,8 millions de voix au premier tour de l'élection". "Je crois aux idées qui marchent et les idées du FN progressent". Et le député européen de citer l'expression "qui n'est pas de lui", de "lepénisation des esprits" : "au lieu d'en profiter, le FN se présente comme un parti bourgeois un petit peu semblant aux Républicains, c'est une erreur stratégique considérable".