Débat : le duel Macron/Le Pen s'installe

  • A
  • A
Partagez sur :

Les cinq principaux candidats à la présidentielle se sont livrés à un exercice inédit lundi soir, dans lequel chacun a pu assumer son programme mais aussi sa personnalité.

L'ÉDITO POLITIQUE

Un débat de qualité, qui a démarré doucement. On sentait que tous étaient un peu tétanisés par l’enjeu. Mais rapidement, on a retrouvé le sérieux et la sobriété de François Fillon, le futur désirable de Benoît Hamon, la nouvelle voie d’Emmanuel Macron, le dégagisme de Jean-Luc Mélenchon et la France en danger de Marine le Pen.

Marine Le Pen durcit son socle. La candidate frontiste a parlé d’une France qui a peur, d'une France à feu et à sang selon elle, évoquant la délinquance, les cambriolages dans les campagnes et les vagues de migrants qui déferlent. Vite, il faut fermer les frontières, recruter des policiers, construire des prisons pour y enfermer les mineurs. Et la source de tous les maux, selon elle, c’est l’Union européenne qui interdit tout. Marine Le Pen s’est ainsi posée en candidate très clivante, très radicale, pas apaisée et donc pas rassembleuse. Pas très présidente, elle durcit son socle mais ne l’élargit pas.

Emmanuel Macron, bon débatteur. Là où elle a réussi sa stratégie, c’est en installant un duel avec Emmanuel Macron. Marine Le Pen a cherché le candidat d’En marche ! : sur le burkini, puis sur son parcours d’énarque, soutenu par les puissances de l’argent. Mais à chaque fois, elles s’est exposée à une attaque-riposte assez efficace d’Emmanuel Macron qui relève le gant : "Je n’ai pas besoin d’un ventriloque. Si vous avez des informations donnez-les, sinon c’est de la diffamation".

L’ancien protégé de François Hollande s’est positionné comme le candidat du vote utile contre le Front National. Ce duel Macron/Le Pen était au cœur du débat. Au-delà de ça, Emmanuel Macron s’est révélé un redoutable débatteur, très convainquant notamment quand il est attaqué. Benoît Hamon s’y est essayé, et s’est fait renvoyer dans les cordes.

Fillon à l'écart. François Fillon, lui, est apparu en retrait. Il a temporisé. Effacé pendant toute la première partie, il s’est réveillé dans le débat économique, efficace notamment quand il croise le fer avec Marine Le Pen sur le coût de la défense. Mais François Fillon, en dehors de quelques éclats étaient un peu éteint, sans doute parce qu’il est atteint par les affaires qui plombent sa campagne.