Débat de la primaire de droite : un premier tour de chauffe

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La campagne de la primaire de la droite et du centre entre dans une nouvelle phase après le premier débat télévisé jeudi soir. 

L'ÉDITO POLITIQUE

Un débat parfois technique mais aussi avec des affrontements notamment sur les affaires ou la question de l'Islam. Voilà à quoi s'est résumé jeudi soir le premier débat télévisé entre les sept candidats de la primaire de la droite et du centre. Si les prétendants n'osent pas encore dévoiler leur jeu, une nouvelle phase de la campagne est néanmoins ouverte. 

Monter en températures. Ce débat, c’était en effet le tour de formation d’un grand prix de formule 1. On a vu les machines s’élancer faire chauffer les pneumatiques, monter en températures. Il s'agissait de montrer aux adversaires ce qu’on a dans le moteur avec l’envie de lâcher les chevaux, mais pas seulement  puisque certains se sont un peu révélés. 

François Fillon depuis la rentrée mise tout sur les débats, il faut lui reconnaître une expertise, il a été précis sur l’économie, solide et assez autoritaire. La confrontation lui a permis de s’affirmer. Nathalie Kosciusco-Morizet a elle montré qu’elle avait sa place, avec des propositions parfois iconoclastes comme l’impôt unique ou des professeurs qui ne seraient plus des fonctionnaires. L'ancienne ministre a même chipé le créneau du Renouveau à Bruno Le Maire, qui, même sans cravate, est apparu plus techno que jamais. On attendait enfin de voir si Jean-François Copé allait dézinguer Nicolas Sarkozy, il a envoyé quelques coups de semonces. Ils en annoncent d’autres.

Sarkozy ou Juppé ? Le moment n'est pas encore à une confrontation directe entre Nicolas Sarkozy et Alain Juppé. C’est trop tôt. Ils ont trop à perdre et l’un et l’autre pour se livrer maintenant.  Alain Juppé, un peu tendu en début d’émission, a pris ses aises et il n’est pas tombé dans le piège de l’arrogance, du vainqueur qui croit qu’il a déjà franchi la ligne. Il reste le favori et il n’a pas perdu de points.

Du côté de Nicolas Sarkozy, on sent que le débat à plusieurs reprises l’agace car ce qui l’intéresse c’est la finale. En conséquence, il trépigne mais il retient ses coups. Et ce n’est pas facile pour l'ancien président parce qu’il y a un petit parfum de tout sauf Sarkozy : Bruno Lemaire, Jean-François Copé, et NKM l’ont tour à tour attaqué même si François Fillon n’a pas osé. Nicolas Sarkozy, lui, n’a pas riposté, pas de violence, en dehors d’un petite aller et retour à Jean-François Copé.En conclusion, on entre dans l’explication finale avec cette phase des débats, et on sent que qu’il va se passer quelque chose. Il va forcément y avoir une explication décomplexée parce qu’il n’y a pas d’autres alternative dans une confrontation à sept pour tenter de bouleverser la hiérarchie.