Syrie : à Raqqa, la fuite organisée des djihadistes

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La bataille de Raqqa aurait pu durer plus longtemps si un accord, négocié entre l'alliance anti-djihadiste à majorité kurde et les djihadistes, entre le 11 et le 13 octobre, n'avait pas été signé.

REPORTAGE

Durant la dernière semaine de bataille, le commandant Anat, des Forces démocratiques syriennes (FDS), a tenu une position près de l'hôpital de Raqqa, l'une des dernières places fortes de l'Etat islamique. Les combats ont été intenses, jusqu'à ce qu'à sa grande surprise, plusieurs dizaines de djihadistes s'avancent vers ses lignes pour se constituer prisonniers. 

Les djihadistes évacués en bus. "La dernière semaine, beaucoup de djihadistes se sont rendus. Ils sont venus vers nous, les mains en l'air. On les a fouillés pour voir s'ils avaient des explosifs, puis on les a emmenés dans un centre spécial. 95% des combattants qui se sont rendus étaient syriens", explique le commandant. Le lendemain, des djihadistes locaux, mais aussi étrangers, ont été évacués de Raqqa en bus, rapporte une réfugiée qui a assisté à la scène. Cela peut sembler étrange, mais il s'agit d'un accord entre les forces kurdes et les djihadistes, négocié entre le 11 et le 13 octobre, soit quatre jours avant l'annonce de la libération officielle de la ville, et dont l'objectif est de préserver les civils encore piégés.

Une demande des locaux pour protéger les civils piégés. Dans cette négociation, les chefs de tribus de Raqqa ont joué les médiateurs. "Certains combattants se sont rendus, d'autres ont fuit. Ce n'était pas notre volonté mais une demande des locaux. Ici, c'est une région tribale et les chefs se sont impliqués. Ils portaient la parole des civils, utilisés par Daech comme bouclier humain. Ces chefs de tribus ont beaucoup insisté", détaille le commandant kurde, Mahmoud Ismael. "On a accepté, car on n'est pas venu pour raser la ville. De toute façon, les membres de Daech finiront par être tués", assure-t-il.

Toujours est-il que la coalition internationale a du mal à digérer la fuite des djihadistes étrangers. "Je comprends", dit le commandant, "mais nous ne pouvions pas nous mettre à dos la population locale."