Migrants : à Kos, partir à tout prix

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Migrants : à Kos, partir à tout prix
Des réfugiés attendant de l'aide alimentaire à Kos. @ LOUISA GOULIAMAKI / AFP
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Sur l'île de Kos, en Grèce, des centaines de candidats à l'immigration ont tout abandonné dans leur pays d'origine pour rejoindre l'Europe. 

REPORTAGE

Sur la petite île de Kos, en Grèce, les rêves d'exil de centaines de migrants sont à l'épreuve de la dure réalité. Ce petit lopin de terre de 33.000 habitants assiste à un afflux continu de réfugiés, principalement de Syrie et d'Afghanistan, prêts à tout pour rejoindre l'Europe. Des familles entières ont tout abandonné et vivent dans le dénuement le plus total, avant de poursuivre leur route. Europe 1 a rencontré ces naufragés de l'exil.

Fuir la guerre. La plupart des Syriens présents à Kos appartenaient aux classes moyennes ou supérieures. Souvent, ces familles menaient une vie confortable dans leur pays, jusqu'à ce que la guerre éclate. Certains, comme cet ingénieur en informatique de Damas, parle même parfaitement anglais. Mais il a fui le service militaire et n'a qu'une obsession : rejoindre sa sœur en Angleterre. Près de lui, un autre ingénieur a quitté sa ville, attaquée par le groupe Etat islamique.  

Vendre sa maison, sa voiture. Cela fait parfois des mois qu'ils sont sur les routes. Certains ont tenté leur chance au Liban ou en Turquie, mais ils n'y voyaient pas d'avenir. Alors ces Syriens ont pris une décision radicale : ils ont tout abandonné derrière eux. Adel, lui, a vendu sa maison, sa voiture et presque tout ce qu'il possédait. Il ne lui reste que quelques centaines d'euros en poche, pour s'acheter un peu à manger et tenir le reste du voyage, mais c'est à peu près tout ce qu'il transporte avec lui. "Mes bagages ont fini à la mer. En Turquie, sur le bateau, les passeurs nous ont dit de jeter les bagages par-dessus bord. On avait droit à 2 kilos par personne, je n'ai même pas de vêtements", raconte-t-il.  

Expliquer aux enfants. Après avoir tout quitté, ces migrants vivent dans des conditions extrêmement précaires sur l'île de Kos. Aucun camp de réfugiés n'a été installé, les obligeant à dormir à même le sol ou dans des tentes de fortune. Alors, que dire à ses enfants lorsqu'on les emmène dans un voyage dans de telles conditions ? Ilan, une mère de famille, a décidé de ne rien leur cacher. "Ils me demandent : 'quand arrive-t-on en Allemagne ? Est-ce que j'aurais ma chambre ?' Je leur dis que oui, qu'ils auront tout ça, tu auras ta propre chambre, et ton école, ils rêvent de tout ça. Et nous aussi on en rêve", souffle-t-elle.

La générosité des habitants et des touristes. En attendant de toucher au but, ces familles vivent grâce à la seule aide des habitants de Kos et des touristes, qui leur apportent parfois des vêtements, des jouets ou des couches. Une touriste allemande a ainsi promis à une famille de leur payer leur ticket de ferry, dès lors qu'ils pourront partir.