La Syrie somme la France de ne pas se tromper d'ennemi

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Damas assure ne pas être en train de perdre la guerre. Europe 1 a rencontré les responsables politiques syriens.

Le mois de mai a été difficile pour Damas. Le 21, l'armée loyaliste syrienne a perdu une bataille d'envergure contre l'organisation Etat islamique. Les soldats de Bachar Al-Assad se sont retirés de la ville de Palmyre, dans le centre de la Syrie. Dans le nord, le régime a également perdu le contrôle de la quasi-totalité de la province d'Idlib, rapporte Reuters. Pourtant, Bouthaina Chaabane, plus proche conseillère du président, assure à l'envoyé spécial d'Europe 1 que la guerre est loin d'être terminée. "Nous sommes en train de fortifier nos positions, nous revoyons notre stratégie", explique celle qui servait déjà à l'époque du père Hafez Al-Assad des années 70 à 2000.

"La Turquie, le Qatar, l'Arabie saoudite ont inondé le pays avec tant de terroristes, d'argent et d'armes", expose la femme politique pour qui "il est naturel que notre armée qui se bat depuis quatre ans ne puisse pas faire face à tous ces terroristes". Pour autant, jure-t-elle, "cela ne veut pas dire qu'ils ont gagné la guerre. Ce pays est le nôtre et il le restera."

Damas ou les terroristes. Comme depuis quatre ans, ceux qui prédisent la chute rapide du régime se trompent, dit-elle. La France, notamment, appelle au départ de Bachar Al-Assad, accusé de massacrer son peuple. Pour le vice-ministre des Affaires étrangères Faisal Mokdad, "il ne faut pas se tromper d'ennemi".

"Tous les hommes de sagesse devraient soutenir le gouvernement de Syrie", estime le diplomate. Pour lui, il n'y a que deux perspectives pour son pays : "Soit il y a ce gouvernement et son représentant Bachar Al-Assad, soit il y a une Syrie contrôlée par l'Etat islamique et Al-Qaïda, deux organisations terroristes". Un scénario peu enviable pour l'Occident : "Vous pouvez imaginer ce qui va arriver à l'Europe et ailleurs dans le monde" si elles prennent les rênes du pays. Les Français paieront le prix de leur politique, prévient Faisal Mokdad, qui martèle que Paris doit refaire le chemin de Damas.