Azerbaïdjan : la seule agence de presse indépendante suspend ses activités

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Azerbaïdjan : la seule agence de presse indépendante suspend ses activités
L'Azerbaïdjan est souvent critiqué par les ONG internationales, qui dénoncent une répression menée par le pouvoir contre les défenseurs des droits de l'Homme et les détracteurs du président.@ AFP
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L'agence Turan est l'un des rares médias en Azerbaïdjan à proposer une couverture critique du pouvoir du président Ilham Aliev, qui dirige depuis 2003 d'une main de fer cette ancienne république soviétique du Caucase.

L'unique agence de presse indépendante d'Azerbaïdjan, Turan, a annoncé la prochaine suspension de ses activités après l'arrestation de son directeur et le gel de ses comptes par la justice de ce pays du Caucase au paysage médiatique très contrôlé. "Le fonctionnement normal de notre agence est devenu extrêmement difficile. Nous sommes forcés de suspendre nos activités à partir du 1er septembre", a indiqué Turan sur son site internet.

Un média critique envers le président. L'agence Turan est l'un des rares médias en Azerbaïdjan à proposer une couverture critique du pouvoir du président Ilham Aliev, qui dirige depuis 2003 d'une main de fer cette ancienne république soviétique du Caucase, riche en hydrocarbures.

Le directeur arrêté. Le directeur et propriétaire de Turan, Mehman Aliev, a été arrêté jeudi et accusé d'évasion fiscale et d'abus de pouvoir dans une affaire qu'il dénonce comme montée de toutes pièces. Les comptes bancaires de l'agence ont également été gelés par la justice, qui reproche à Turan des impayés d'impôts d'un montant de 19.000 euros.

Les ONG dénoncent cette arrestation. L'organisation de défense des droits des journalistes Reporters sans frontières (RSF) a réclamé la "libération immédiate" de Mehman Aliev, dont l'arrestation représente selon elle "une soudaine escalade dans la répression du régime envers le dernier média indépendant encore en activité en Azerbaïdjan". L'ONG Human Rights Watch avait également dénoncé "un nouveau cas de répression féroce visant les médias critiques" du pouvoir azerbaïdjanais.