Comment l'attentat de Nice ravive un traumatisme collectif

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Au moins 84 personnes qui assistaient au feu d'artifice du 14-Juillet ont été fauchées par un camion à Nice. Un épisode traumatisant, explique la psychiatre Hélène Romano.

Plus de 84 personnes ont perdu la vie jeudi soir dans un attentat à Nice, lorsqu'un camion a foncé sur la foule qui assistait au feu d'artifice sur la Promenade des Anglais. Cette attaque ravive le souvenir douloureux de celles de janvier et novembre 2015. Cette fois ci, l'attaque a été commise un 14 juillet, date de la fête nationale, sur la Promenade des Anglais, symbole de la ville de Nice. Pour la psychiatre Hélène Romano, le traumatisme est d'autant plus grand qu'il se superpose à une date et un lieu symboles de fête et de vacances. 


Un traumatisme collectif. "La date n'est certainement pas choisie au hasard, c'est une date qui témoigne de l'unité, et dans un contexte insécurisant, la France a besoin d'unité donc quand on s'attaque à cette date là, c'est particulièrement violent", explique la psychiatre au micro d'Europe 1. "C'est aussi une attaque de nuit, le mode opératoire change", observe-t-elle. Pour elle, toutes les conditions pour un traumatisme collectif sont réunies. "L'objectif des terroristes est de terroriser, de transmettre aux Français qu'il n'y a aucun endroit où ils seront en sécurité", rappelle Hélène Romano.

"On s'attaque à l'enfant". "Nice est une ville de vacances, donc inévitablement tous les vacanciers peuvent aujourd'hui s'identifier collectivement aux blessés, aux victimes", détaille la psychiatre. "C'est là dessus que l'impact est particulièrement violent". Plusieurs enfants figurent également parmi les victimes de l'attaque de Nice. Ce n'est pas un hasard, estime Hélène Romano : "on s'attaque à l'enfant, non seulement pour terroriser les parents mais aussi pour détruire la confiance en l'avenir, les enfants c'est l'avenir. Et lorsque des conflits touchent des enfants, ils touchent aussi l'avenir d'un pays".