Attentats de Paris : le point sur l'enquête, dix jours après l'horreur

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Attentats de Paris : le point sur l'enquête, dix jours après l'horreur
@ AFP/THOMAS SAMSON
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Dix jours après les attaques survenues à Paris, l'enquête marque un certain nombre d'avancées. Europe 1 fait le point.

L'ESSENTIEL

C'est une découverte qui pourrait apporter des éléments précieux aux enquêteurs : une ceinture d'explosifs a été retrouvée lundi en fin d'après-midi dans une poubelle à Montrouge, en banlieue parisienne. Découverte par des éboueurs, elle semble avoir la même configuration que celles utilisées par les terroristes le 13 novembre.

LES INFOS A RETENIR

Le logeur présumé d'Abaaoud déféré devant la justice.

Une ceinture d'explosifs a été retrouvée à Montrouge, en région parisienne.

Un homme a été aperçu dans le métro aux côtés d'Abdelhamid Abaaoud.

  • La ceinture de Salah Abdeslam ? Selon toute vraisemblance, elle appartiendrait à Salah Abdeslam, "l'homme le plus recherché d'Europe", et toujours en cavale. Muni de cette ceinture, il aurait probablement eu pour mission de commettre un attentat dans le 18e arrondissement, une attaque dans cette zone ayant été mystérieusement revendiquée par Daech. Les analyses effectuées cette nuit par le laboratoire de police technique et scientifique devraient en apporter la preuve mais pour les enquêteurs, cela ne fait pratiquement aucun doute.

Le soir des attentats, peu après 23 heures, son téléphone portable avait été localisé à proximité du métro Châtillon-Montrouge. Mais pourquoi sa ceinture n'a-t-elle pas explosé? Incident technique ou peur panique au dernier moment? Seule certitude : sur la ceinture retrouvée, il n'y avait pas de système de mise à feu. Ce dernier avait été arraché.

  • Un homme aperçu dans le métro aux côtés d'Abdelhamid Abaaoud. L'organisateur présumé des attentats, Abdelhamid Abaaoud, tué dans l'assaut de Saint-Denis mercredi 18 novembre, n'était pas seul dans le métro le soir des attaques. D'après Le Parisien, on aperçoit un autre homme à ses côtés sur les images de vidéosurveillance. Entré également à la station Montreuil et sorti place de la Nation, l'individu serait probablement le troisième homme du commando des terrasses. Peut-être celui retrouvé dans l'appartement de Saint-Denis, qui n'a toujours pas été identifié.

  • Le logeur présumé d'Abaaoud déféré devant la justice. Jawad Bendaoud, qui a fourni son appartement de Saint-Denis à plusieurs terroristes, a été déféré devant la justice ce mardi matin, après six jours de garde à vue. Juste avant son interpellation, il avait raconté qu'"un ami" lui avait "demandé d'héberger deux de ses potes pour quelques jours", assurant ignorer qu'il s'agissait de «terroristes». Selon une source proche de l'enquête, Bendaoud a été vu le 17 novembre, soit la veille de l'assaut policier sur l'appartement de Saint-Denis, en train de discuter avec Hasna Aïtboulahcen, la cousine d'Abdelhamid Abaaoud, peut-être pour négocier la mise à disposition de ce logement. Une information judiciaire va être confiée dans la journée à des juges d'instruction par la section antiterroriste du parquet de Paris, qui mène les investigations depuis les attentats du 13 novembre

  • Une seule arme retrouvée dans l'appartement de Saint-Denis.  Aucune arme automatique - seule une arme de poing 9 mm, une ceinture d'explosifs et des fragments de grenade -  n'a pour l'instant été retrouvée dans l'appartement de Saint-Denis. Les policiers présents lors de l’assaut ont pourtant entendu des tirs "très nourris" pendant plusieurs heures. L'examen des lieux continue. Une tonne de gravats doit encore être fouillée. Rappelons que le Raid avait tiré 5.000 cartouches et s’était même retrouvé à cours de munitions lors de l'opération.

  • Samy Amimour a-t-il profité d'une faille de l'administration ? Samy Amimour, ex-chauffeur de bus de 28 ans, originaire de Drancy et comptant parmi les terroristes du Bataclan, a-t-il bénéficié d'une faille de l'administration pour contourner le contrôle judiciaire dont il faisait l'objet ? Selon l'ancien juge antiterroriste Marc Trévidic et le député Jean-Christophe Lagarde, maire de Drancy, le kamikaze se serait en effet fait refaire ses papiers, confisqués en 2012 alors qu'il prévoyait de partir au Yémen. Selon nos informations, c'est l'autre juge d'instruction qui, quelques mois plus tard, a rendu sa carte d'identité à Amimour.