Présidentielle : « Le système, c’est les autres »

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Net d'Info est une chronique de l'émission Mediapolis
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Tous les samedis dans l'émission Mediapolis, Claire Hazan revient sur l'actualité et la politique par le prisme des réseaux sociaux.

« Système »… c’est peut-être LE mot de la campagne 2017.

Alors le système c’est simple je résume, tous les candidats sont CONTRE, un peu comme on est contre la faim dans le monde.

Il y a bien sûr Marine le Pen (qui squatte ce créneau depuis longtemps), JL Mélenchon mais aussi Benoit Hamon, Emmanuel Macron ou encore François Fillon.

Et oui, l’élection de Donald Trump et le Brexit l’ont montré. En 2017, il ne fait pas bon être le favori, côtoyer les élites ou s’attirer les faveurs des médias. Ce qui rapporte, c’est d’être antisystème. Même quand on en vient.

Il faut dire que le mot est très pratique. Il désigne tout – l’Europe, les institutions, la classe politique, le capitalisme, c’est au choix. Et surtout il sert à tout. C’est mieux qu’un couteau suisse. J’ai recensé plusieurs utilisations.

Par exemple, vous pouvez jouer la persécution du système. Celui qui résiste prouve alors qu’il a les épaules d’un Président. Ecoutez François Fillon à Besançon le 9 mars dernier :


Autre utilisation très fréquente de ce mot multifonctions : dézinguer ses adversaires.



Le Pen : "Macron est le meilleur candidat du...par Europe1fr

Marine Le Pen chargeant Emmanuel Macron….

Lequel, vous allez voir, a trouvé la parfaite parade (c’était dans l’émission Quotidien) : Si tout le monde « vous traite de système » c’est bien la preuve que vous êtes hors système. Cqfd.

Emmanuel Macron : « C’est peut-être ça être le candidat antisystème. Quand tout le monde vous attaque. C’est la meilleure démonstration. »

Vous l’aurez compris « le système, c’est les autres ». Mais comme les candidats n’arrivent pas bien à se mettre d’accord sur QUEL autre exactement, il a fallu trouver une solution. C’est Manuel Valls qui, l’énonce le mieux, s’adressant à des journalistes :


Mais oui ! Le système, c’est les médias. Voilà qui met tout le monde d’accord. Y compris bien sûr JL Mélenchon. Cette semaine il a peu apprécié l’article du Figaro le présentant comme le « Chavez français ». Riposte sur Twitter sous forme d’un hashtag moqueur : « Parle comme le système ».

Alors si je résume: les candidats dénoncent le système, lequel système est entretenu par les médias qui eux-mêmes dénoncent le système dans lequel sont tombés les candidats…

Aïe… à l’heure de la défiance généralisée, il y a quoi dérouter plus d’un électeur.

Alors Alain Rey, Cécile Alduy, éclairez-nous : ce mot aujourd’hui, dans le cadre de la présidentielle, a-t-il encore un sens ?