Net d'infos - 08/04/17

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Net d'Info est une chronique de l'émission Mediapolis
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Tous les samedis dans l'émission Mediapolis, Claire Hazan revient sur l'actualité et la politique par le prisme des réseaux sociaux.

La semaine dernière vous nous parliez des « petits » candidats et vous nous disiez qu’ils avaient pour la plupart du mal à émerger sur les réseaux sociaux…Le débat de mardi a changé la donne et mis en lumière plusieurs d’entre eux de façon assez inattendue.

Mardi soir, pendant que les soutiens de François Fillon, Emmanuel Macron ou Marine Le Pen inondaient le web de tweets et de hashtags militants, les internautes – les vrais- célébraient ceux qu’on appelle les « petits » candidats.

Oui mardi soir, c’étaient bien eux les héros des réseaux sociaux.

Disons le tout de suite, ce qui a fait mouche ce sont moins leurs propositions que leur style. Moins la politique, que le spectacle.

Le phrasé exotique de Jean Lassalle…

L’obsession de François Asselineau pour l’article 50 du traité européen et pour d’autres traités, plus obscurs…

Ou encore l’obsession de Nathalie Arthaud pour le patronat….

Mais évidemment celui qui a conquis Twitter c’est Philippe Poutou, le candidat d’extrême gauche. D’ailleurs, il est à l’origine de la réplique la plus commentée et la plus retweetée du débat, écoutez.

En plus le FN qui se dit anti système, se protège grâce aux lois du système, grâce à l’immunité parlementaire. Quand, nous, on est convoqués par la police, on n'a pas d'immunité ouvrière. Voilà désolé, on y va.

En s’en prenant frontalement à Marine Le Pen et à François Fillon sur les affaires, Philippe Poutou a acquis un nouveau statut. Il est devenu le candidat authentique, qui exprime tout haut ce que le peuple pense tout bas, qui défie les puissants et qui casse les codes. D’ailleurs il s’est présenté au débat en t-shirt et ne cessait de se retourner vers ses soutiens pour demander conseil. Certains – dont vous Luc Ferry- ont jugé cette attitude déplacée, irrespectueuse ou pas à la hauteur des enjeux présidentiels.

Mais globalement sur les réseaux sociaux son attitude a été saluée. La lutte des classes mise en scène comme un bon divertissement télé et digérée à la sauce Twitter, ça rapporte des followers. + 28% pour Philippe Poutou. Finalement, depuis le débat, on a parlé que de lui, quand lui visiblement n’était pas là pour parler à tout le monde, mais plutôt à son cœur de cible, la classe ouvrière.