Monica Bellucci a fait sensation à l'ouverture du festival de Cannes

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L'histoire de la semaine est une chronique de l'émission Europe week end
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Marc Messier revient sur l'histoire de Monica Bellucci. 

Couvrez ce téton que nous ne saurions voir. Les âmes blessées, les coupables pensées. La cohorte des tartuffes du Festival. Le zoom des photographes, les hourras des mâles en rut. Un lever de rideau dans la transparence d’un Bleu Nuit. La mise en scène soigneuse de couturières. Une œillade entre les plis d’un drapé de soie, le sein de Monica comme un hommage à Fellini. Cléopâtre en scène, le rire d’Almodovar, le fantasme des hommes qui préfèrent les brunes. La pointe de Bellucci, comme un adorable petit bout d’Italie, un paysage qui en dévoilerait un autre. Un tableau qui ressemblerait à l’Ombrie, à côté de la Toscane: la sinuosité de ses vallées, ses cascades jaillissantes, ses cyprès ténébreux, une terre d’esprit, de beau et de festins. Les traces des étrusques et de Saint-François d’assise. L’Ombrie de la Renaissance Italienne, des jambons braisés et le berceau de l’une des plus belles actrices du Monde. De l’Ombrie à la lumière, de Citta Di Castello à Hollywood, les pas de Monica Bellucci, l’Itinéraire d’une enfant gâtée.

 

Une enfant unique née en 1962. L’année du Fanfaron et du Jour le Plus Long, de Lolita et d’un Singe en Hiver, la tombe de Marilyn Monroe est toute fraîche et Paul VI a commencé sa révolution au Vatican. Une enfance bourgeoise et choyée, timide et solitaire. Des parents férus d’art et de cinéma. Monica pleine de grâce. Une beauté prématurée, comme une bête curieuse. Le regard des autres. Entre la gêne et l’attirance. Les illusions du désir, les lumières de la ville et les Flashes des appareils photos. L’Art et Le Marketing, Toscani fera de Benetton un engagement et de Monica Bellucci, La Bella. Elle a 25 ans, un contrat chez Elite, sa gorge réservée à Cartier, ses lèvres louées à Dior. Une femme nommée Désir. Son grain corsé, ses arômes de Méditerranée, Monica Bellucci a le regard incandescent, les formes qui vont avec, le geste lent et la voix caressante. Une voix que l’on n’entendra pas dans son premier film : Le Dracula de Coppola. Un rôle muet pour interpréter l’une des fiancées du Vampire. Pas un mot, elle fera juste une apparition, le temps de sucer le sang d’un Keanu Reeves à l’agonie. Les spectateurs resteront baba et les critiques intrigués.

La Belle est Belle, mais pas seulement. Elle a autre chose, comme on dit sans savoir de quoi on parle. Une promesse. Un talent révélé quelques années plus tard dans "l’Appartement" de Gilles Mimouni, un film labyrinthe dans lequel Monica Bellucci rencontrera Vincent Cassel, le père de ses deux filles. Des années de grand amour pendant lesquelles, l’Italienne se prêtera à toutes les expériences devant la caméra. Une cinquantaine de films, plus ou moins remarquables. Mais toujours assumés, Bellucci est comme ça : Entière, sans réserve, entêtée. A la limite de la folie dans "Irréversible", le film déglingué et nauséeux de Gaspard Noé. Bellucci Mystérieuse et vénéneuse dans "le Pacte des Loups". Volcanique et dominatrice dans Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre. Bouleversante et inaccessible dans "Un Eté Brulant". Libre et vénale dans "Combien Tu M’aime".

Des années à faire l’amour au cinéma. Des rôles de putains, de femmes à part, perdues, perchées, sur le fil, souvent limites, toujours  éclatantes. Monica Bellucci, plus belle que jamais a 50 ans passés. La dernière James Bond Girl. Hors d’âge. Une James Bond Lady, la plus éblouissante de l’histoire de la Saga. Ce fameux "autre chose" qu’on appelle, sans aucun doute,  le talent.