Hollande : cap sur la primaire

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Pour espérer passer le cap de la primaire et battre Arnaud Montebourg, François Hollande donne un coup de barre à gauche et tente de rassembler son camp.

C’est fait, d’après Yves Thréard, François Hollande met le cap sur la primaire du PS.

C’est décidé et pour cela, il donne un coup de barre à gauche, clair, visible et évident. Il s’y emploie ardemment et y jette ses dernières forces. Pour lui, c’est là que ça se joue.
Il ne pourra pas enjamber cette primaire, comme il le croyait, car il est trop impopulaire actuellement chez les socialistes. Pire, d’après les sondages, il serait au coude à coude avec Arnaud Montebourg au second tour. Pris à la gorge, il est donc urgent qu’il marque des points contre son ex ministre du Redressement productif qui, selon lui, est prenable s’il relève les manches.
Inutile de continuer à chercher des noises au traître Macron qui, de toutes, façons, devrait directement aller à la présidentielle sur un positionnement plus centriste. De ce côté-ci, les piques et critiques se sont tues ces derniers jours.
Hollande, comme Sarkozy à droite, est un politicien d’expérience. Il procède par étape. Pour pouvoir aller à la primaire et la gagner, il doit rassembler son camp.

Oui, mais comment ?

Finies les embardées à droite avec la déchéance de nationalité ou la réforme du Code du travail, deux cinglants échecs au demeurant. Terminées les passes d’armes avec les frondeurs.
Place aux propositions qui caressent l’électorat socialiste dans le sens du vote.
Et peu importe s’il sait qu’elles sont irréalisables, comme l’école obligatoire jusqu’à 18 ans et l’instauration d’un revenu minimum pour tous.
Place aussi à un projet de budget pour 2017 très flatteur, établi sur un objectif de croissance (1,5%) inaccessible et des prévisions d’économies sur les dépenses publiques intenables. Tous les organismes sérieux le disent.
Place enfin aux symboles. À la repentance vis-à-vis des harkis et des grévistes maltraités de 1948, aux embrassades voyantes avec Christiane Taubira, l’ex garde des Sceaux, hier, ça frisait l’obscénité ou celles moins voyantes avec Martine Aubry.

Tout cela sera-t-il suffisant ?

Il lui faut neutraliser Taubira et s’assurer du soutien d’Aubry pour battre Montebourg.
Cela tombe bien, la maire de Lille n’a pas digéré que Montebourg ne reporte pas ses voix sur elle à la primaire de 2011.
Pour le reste, ce sera compliqué. Son discours de Wagram sur l’État de droit n’a été d’aucun effet, quant à l’inversion de la courbe du chômage, elle n’est pas donnée.
"Quand ça veut lutter un homme, ça peut lutter", lui a dit Taubira hier.
Et puis Hollande est un éternel optimiste. Sur ce point, il est incorrigible et imbattable.