Chômage : Hollande peut-il encore se présenter ?

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Alors que le chômage a de nouveau nettement augmenté au mois d'août, Yves Thréard rappelle la promesse de François Hollande qui a assuré à plusieurs reprises qu'il ne se représenterait pas si la courbe ne s'était pas inversée.

Le chômage est reparti fortement à la hausse en août. François Hollande pourra- t-il être candidat à la présidentielle ?

Plus 52.400 chômeurs de catégorie A en août, c’est le mois le plus noir depuis 2013. Après une légère embellie, c’est donc la rechute.
Fin 2016, s’il y a inversion de la courbe du chômage, ce ne sera que d’un cheveu.

Or qu’avait dit François Hollande en avril 2014 ? "Si le chômage ne baisse pas d’ici à 2017, je n’ai aucune raison d’être candidat".
Cette promesse a été répétée dix fois, mais que valent les promesses en politique ? Elles n’engagent que ceux qui les entendent, comme disait Charles Pasqua.
Tout de même, quand elles ne sont pas tenues, elles font aussi le jeu des démagogues. Inutile d’aller chercher bien loin les raisons du succès de Marine Le Pen.

Dans le livre de nos confrères Antonin André et Karim Rissouli, Conversations privées avec le Président, François Hollande confie qu’il a eu tort de faire cette promesse.

Il dit aussi qu’il n’a pas eu de bol sur le chômage. C’est faux, il ne peut s’en prendre qu’à lui-même.
On veut bien admettre avec la ministre du Travail qu’il y ait un contexte sécuritaire peu engageant. Mais, entre l’effondrement des taux d’intérêt et celui des prix du pétrole, l’alignement des astres pour le gouvernement est favorable depuis de longs mois. C’était le moment de faire des réformes de structures pour relancer la croissance, en réduisant notamment le train de vie de l’État, la fiscalité et les charges des entreprises mais aussi en simplifiant le droit du Travail.

Or, nous n’avons eu droit qu’à des mesurettes. Hollande s’est entêté, comme ses prédécesseurs, dans le traitement social du chômage.
En gros, des emplois aidés et des formations parking, cela coûte une fortune et ne débouche sur rien.
L’Allemagne mais aussi l’Espagne et l’Italie, pourtant en crise, créent des emplois car elles se réforment et s’adaptent. Pas la France.

Bon, François Hollande va-t-il quand même se représenter ?

Il avait dit qu’il prendrait sa décision en décembre en vue de la primaire de janvier. Il n’est pas à un reniement près, on le sait, c’est le roi de la culbute.
En revanche, la droite, qui promet monts et merveilles, aura intérêt à être au point parce qu’elle sera attendue au tournant, elle non plus n’a jamais résorbé le chômage de masse.