Entre La République en Marche et Les Républicains, une campagne fratricide commence

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque matin, Yves Thréard nous livre son analyse politique à quelques semaines des élections législatives.

Entre La République en Marche et Les Républicains, une campagne fratricide commence.

C’est un peu une histoire de fou qui relève de la schizophrénie. Et dire que tout cela, c’est encore à cause de Macron qui a bouleversé le paysage politique.
Qu’y a- t-il de différent entre un candidat aux législatives qui vient de la droite mais qui roule pour Macron et un candidat de droite qui roule pour Les Républicains ?
Le premier plaide la bienveillance en faveur de Macron, mais répond qu’il est quand même attaché à sa famille d’origine, Les Républicains. Le second assure qu’il ne veut pas de mal à Macron et plaide - non pas en faveur d’une cohabitation - mais pour une coexistence pacifique avec le nouveau président de la République.
Bref, les deux sont pleins de bons sentiments pour l’adversaire. Mais chacun va se battre pour que la majorité à l’Assemblée nationale revienne soit à La République en Marche ! soit au parti Les Républicains.

Qu’est-ce qui les sépare en fait ?

À première vue, il est difficile de s’y retrouver. Et pour cause ! Le programme des Républicains aux législatives n’est plus celui de Fillon, mais s’inspire bien davantage des idées que prônait Juppé. Quant à celui de La République en Marche, il est porté nationalement par Édouard Philippe, un premier ministre juppéiste jusqu’au bout des ongles. Ces législatives pourraient donc consacrer le triomphe de Juppé, pourtant lourdement battu à la primaire de la droite et du centre. Le maire de Bordeaux a vraiment quelques raisons d’être amer.
Plus sérieusement, Les Républicains, afin de se distinguer, propose une baisse de l’impôt sur le revenu et deux fois plus de suppressions de fonctionnaires. Mais, sur le reste, c’est un peu blanc bonnet et bonnet blanc…

Ce qui pourrait faire le jeu du FN et de La France insoumise.

Jusqu’à un certain point seulement. Car le mode de scrutin, majoritaire à deux tours, ne les favorise pas du tout. La bataille va se jouer entre frères ennemis. La République en Marche de Macron qui veut la majorité absolue et Les Républicains qui font tout pour l’en empêcher pour préserver leur avenir.