Jérôme Cahuzac : la justice a frappé fort

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La revue des éditos est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Chaque matin, Natacha Polony nous présente les différents éditos qui font la Une de la presse.

"Il y a précisément 4 ans et 4 jours, note Bruno Dive dans Sud-Ouest, Jérôme Cahuzac menaçait de poursuivre tous ceux qui reprendraient, disait-il, cette calomnie gravement diffamatoire selon laquelle il disposait d'un compte en Suisse". "En frappant fort, souligne Philippe Marcacci dans l’Est Républicain, le tribunal a clairement indiqué que l'affaire Cahuzac appartenait aux grands scandales de la Ve République". Parabole politique, nous dit Sébastien Crépel dans l’Humanité : "L'ascension, puis le mensonge, et enfin la chute". Pour Florence Chédotal dans la Montagne, "il aura planté la première lame de poignard dans le dos de Hollande, avant même que ce dernier ne se tire des balles dans le pied". Sans doute la personnalité de Jérôme Cahuzac n’est pas étrangère à ces réactions. "Devant les misérables, écrit Florence Chédotal, la justice a mis fin, hier, à l'impunité d'un puissant. Elle est passée, comme pour laver l'injure, le péché originel. Droite et sévère à l'encontre de celui qui croyait, la morgue rivée aux lèvres, donner des leçons fiscales qu'il ne s'appliquait surtout pas à lui-même". Mais dans la Croix, Guillaume Goubert passe en revue le jugement, pour l’ex-épouse, pour l’avocat chargé du montage financier : "Il est juste de citer l'ensemble des décisions du tribunal car cela souligne bien que la fraude contemporaine n'est pas un acte individuel". Surtout, note l’Humanité, "l'arbre Cahuzac ne doit pas masquer la forêt de l'évasion fiscale. Comme le montre un rapport d'ONG paru mercredi, pour un fraudeur pris, des milliers d'autres continuent de profiter plus que jamais de ces circuits, avec la complicité active des gouvernements". Encore faut-il rappeler aux commentateurs oublieux à quel point politiques et médias admiraient ce ministre si "brillant" qui assumait sa posture libérale et ses leçons de rigueur aux Français dépensiers. Se battre contre l’optimisation fiscale et la spéculation ne valent pas tant d’honneurs.