Tour de France : la particularité du contre-la-montre

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Humeurs du tour est une chronique de l'émission Europe matin
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La superbe victoire de Christopher Froome sur le contre-la-montre jeudi nous rappelle que cette discipline peut-être décisive sur le Tour.

Après l'éclatante victoire du maillot jaune Christopher Froome sur le contre-la-montre entre Sallanches et Megève lors de la 18e étape du Tour jeudi, Eric Fottorino, consultant Europe 1 durant les trois semaines d'épreuve, revient sur la particularité du contre-la-montre, qui a vu certains coureurs briller, comme Jacques Anquetil. 

Le spécialiste Jacques Anquetil. "Le premier spécialiste du contre-la-montre était le Français Jacques Anquetil. Il était le premier 'coureur-métronome', c'était un artiste, un soliste même. Et dans le contre-la-montre, il devenait lui-même un mécanisme d'horlogerie que rien ne venait jamais dérégler", explique Eric Fottorino. "Son directeur sportif, qui était aussi son ami, Raphaël Géminiani, le définissait comme 'un réacteur, une machine IBM et un alambic'". On reprochait souvent à Anquetil d'être un calculateur, il disait d'ailleurs lui-même que s'il gagnait avec treize secondes d'avance, c'était douze de trop. Il considérait ainsi qu'il ne fallait pas faire d'efforts inconsidérés, juste gagner comme il fallait. Jacques Anquetil a gagné cinq Tours de France, et notamment huit étapes en contre-la-montre. En 1962, il a même rattrapé Raymond Poulidor (qui était parti trois minutes avant lui) dans un contre-la-montre !"

Le contre-la-montre peut aussi être un calvaire. Si Jacques Anquetil excellait dans la discipline du contre-la-montre, ce n'était pas le cas de tous les coureurs. "Il y a deux exemples qui viennent à l'esprit. Le premier date de 1968, sur la dernière étape du Tour, entre Melun et Paris. Le coureur belge Herman Van Springel, qui avait le maillot jaune, a perdu le Tour au profit de Jan Janssen, le Néerlandais. Et puis en 1989, sur les Champs Élysées, lors de l'étape entre Versailles et Paris, Laurent Fignon perd le Tour pour huit secondes derrière l'Américain Greg LeMond. Laurent Fignon a d'ailleurs toujours mal vécu cette défaite, car malgré ses deux sacres sur le Tour (1983, 1984), il est resté comme celui qui avait perdu la Grande Boucle pour une poignée de secondes", raconte Eric Fottorino.