Révolution en Iran : introduction des premières cartes de crédit

  • A
  • A
Derrière le buzz est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
Partagez sur :

Pour permettre les transactions plus importantes et favoriser le tourisme, l'Iran vient d'émettre ses premières cartes de crédit.

Dans la presse internationale, cette révolution en Iran. Le pays vient d’émettre ses toutes premières cartes de crédit.

Imaginez le symbole pour les Iraniens qui s’ouvrent enfin au monde avec ces cartes, un an après la signature de l’accord sur le nucléaire, même si c’est à tout petits pas. La presse locale précise que ces cartes ne seront utilisables que sur le marché intérieur ou pour des achats en ligne afin de booster l’économie asphyxiée par les sanctions. Il est clair cependant que ça n’est qu’une étape qui va permettre aux banques d’apprendre et d’adapter leurs systèmes pour s’ouvrir vraiment par la suite. Des négociations sont déjà en cours avec des banques chinoises ou japonaises, des pays qui ont un lien plus étroit avec l’économie iranienne.

Pourquoi c’est essentiel ? Parce que jusqu’à présent, seules les cartes de retrait ou les cartes prépayées étaient utilisables. Cela veut dire uniquement des petites transactions ou l’obligation de faire les paiements en cash. Résultat, beaucoup d’échanges ne se font simplement pas car on n’a pas envie de trimballer des valises de billets. Le plafond de ces nouvelles cartes est fixé à 14.000 euros, ce qui est beaucoup. C’est une bouffée d’oxygène pour les 12.000 Iraniens qui en ont obtenu une dès le premier jour. 

12.000 Iraniens, c’est encore peu.

Sur 80 millions d’habitants, sans doute, mais rappelez-vous que c’est une première, et surtout que ce n’est qu’un début car à terme, deux publics sont visés. Les investisseurs iraniens et étrangers, qui voyagent beaucoup, ne pouvaient pas faire de transactions tout comme les touristes bien sûr. Plus de cinq millions de touristes ont visité l’Iran l’an dernier, un boom impressionnant qui a rapporté une manne de sept milliards d’euros au pays, ça représente un tiers de ses revenus pétroliers et le secteur crée de l’emploi. Les touristes, pour l’instant, ne peuvent payer qu’en cash mais cela devrait bientôt changer. Pour ceux qui viendront d’Asie dans un premier temps, mais ensuite, cela devrait s’étendre puisque des négociations seraient en cours avec mastercard. C’était l’un des derniers endroits sur la terre ou les cartes de crédits n’existaient pas, les échanges s’ouvrent, c’est vrai, mais cela prendra du temps.