Que faire de la maison natale d’Adolf Hitler ?

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Derrière le buzz est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Pour éviter le pèlerinage de nazi, le gouvernement autrichien souhaite démolir la maison natale d'Adolf Hitler.

Dans la presse internationale, ce débat qui divise l’Autriche : que faire de la maison de Hitler ? Cela fait des années que cette bâtisse embarrasse le gouvernement qui a finalement pris sa décision, il veut la démolir.

Cela fait des années que cette grande bâtisse jaune de deux étages, située dans le centre historique de la petite ville de Braunau-am-Inn près de la frontière allemande, embarrasse les autorités, c’est une épine, un boulet dont personne n’arrive à se débarrasser. 

Cette maison, Adolf Hitler y est né en 1889, et juste après l’anschluss, l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne Nazie, il l’a rachetée et fait classer. Après la guerre, elle a été rendue à la famille qui la possédait à l’origine, la famille Pommer. Mais il fallait en faire quelque chose, alors le ministère de l’Intérieur l’a louée en 1972, pour en faire un centre d’accueil pour handicapés.

Les années ont passé, il a fallu à un moment faire des rénovations pour mettre la bâtisse aux normes, mais là les Pommer ont refusé et depuis la maison est vide, cela fait cinq ans. Le problème, c’est qu’elle attire les néo-nazis du monde entier qui arrivent par bus entiers dans la ville pour se prendre en photo, devant la porte d’entrée. Les 17.000 habitants n’en peuvent plus mais on ne peut pas faire grand-chose car le site est classé. Non seulement la maison, c’est hitler lui-même qui s’en était chargé, mais aussi tout le pâté de maison dans le centre historique, ce qui rend la démolition très compliquée. Le gouvernement a donc du faire une loi, pour exproprier la famille Pommer, loi qui doit être votée dans les semaines qui viennent.

Donc ça y est, la démolition est actée ?

Et bien non d’où le débat qui fait rage en ce moment : un groupe de 3.000 habitants, historiens et universitaires refusent la destruction. Ils sont convaincus que raser le souvenir ne le fera pas mourrir, ils pensent que les nazis continueront leur pèlerinage devant l’emplacement vide et réclament une autre solution. Là, chacun y va de son idée, le maire veut un lieu éducatif comme un collège communautaire. D’autres préfèrent un centre de thérapie et d’intégration pour les réfugiés qui affluent dans toute l’Europe et en Autriche aussi. Les gens de la ville et les riverains du quartier, peut-être les plus au fait du genre de faune qu’elle attire, disent qu’il faut construire un truc, bien nul devant lequel personne n’aura envie de se prendre en photo comme un supermarché. Le ministre, lui, tient à sa démolition pour calmer tout le monde, il va mettre une commission en place.

Quel style de commission ?

Un collège de 12 sages, représentants religieux et historiens dont les noms ne seront pas connus et qui resteront anonymes, qui promet de trancher le sort de la maison du diable avant la fin de l’année.