Turquie : la rentrée scolaire bouleversée par les purges

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Derrière le buzz est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Alors qu'il a renvoyé ou suspendu la plupart des professeurs cet été, Erdogan continue sa propagande lors de la rentrée scolaire des élèves turcs.

Dans la presse internationale Géraldine, la rentrée scolaire en Turquie a eu lieu hier et elle a été fortement perturbée par les purges.

Ces purges massives qui ont visé en Turquie plus de 100.000 fonctionnaires et parmi eux 30.000 enseignants, licenciés au cours de l’été pour leur lien supposés avec l’organisation soupçonnée d’être à l’origine du putsch manqué en juillet. Un millier d’écoles ont été fermées, et début septembre, 11.000 autres professeurs étaient suspendus pour leur soutien, supposé cette fois, avec les rebelles kurdes du PKK. C’est simple, 5% de l’ensemble du corps enseignant dans tout le pays est soit en retrait, soit viré. La rentrée s’est donc souvent déroulée dans un chaos complet et notamment dans le sud-est de la Turquie à forte population kurde. Certaines provinces ont vu la moitié de leurs professeurs licenciés et des écoles ont ouvert amputées de la moitié ou carrément des trois quarts de leurs enseignants. Les enfants se sont donc entassés à 70 par classe et certains parents ont préféré les ramener chez eux.

On imagine l’ambiance délétère.

Une ambiance de chasse aux sorcières qu’illustre bien la cérémonie à laquelle ont eu droit tous les enfants dès ce premier jour de classe. Une pure séance de propagande où chacun a reçu une brochure en hommage aux martyrs tombés pour défendre le gouvernement le jour du putsch. Deux films ont été diffusés, mêlant des images de violences tournées ce 15 juillet sur le pont du bosphore à la voix solannelle du président Erdogan. Le premier ministre en visite sur le terrain, a carrément enjoint les professeurs à ne pas tolérer la gangrène parmi eux et à dénoncer leurs collègues qui abordent cette année dévorés d’inquiétude. Personne ne sait ce qui va se passer demain, si les suspendus reviendront. On leur pris leur passeport, ils n’ont plus de salaires et pour les remplacer le gouvernement promet de recruter massivement de nouveaux professeurs d’ici le 10 octobre. Tant pis s’ils ne sont pas vraiment qualifiés, l’important est qu’ils clament leur fidélité au régime, au tout-puissant président Erdogan. Sa mise au pas de la société est en tous cas bien en marche et elle commence par l’Éducation.