Logement : "Il faut donner un signe positif aux gens qui veulent s’installer dans les petites villes"

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Pour Jacques Chanut, président de la Fédération française du bâtiment, le plan logement que l’exécutif doit présenter la semaine prochaine doit être un moyen pour lutter contre les déséquilibres territoriaux.

INTERVIEW

Le dévoilement du plan logement du gouvernement a été repoussé d’une semaine. Parmi les pistes envisagées par l’exécutif : une baisse des coûts de construction en réduisant les normes. Pour Jacques Chanut, président de la Fédération française du bâtiment, l’important est de faciliter l’accès à la propriété pour les plus jeunes, tout en veillant à réduire la fracture territoriale. Ce professionnel plaide donc pour un maintien, voire un élargissement, des mesures de défiscalisation déjà existantes. Par exemple, "il n’y a aucune raisons de concentrer le prêt à taux zéro, qui est le système qui permet de solvabiliser les jeunes qui veulent acheter pour la première fois, sur les grandes métropoles", plaide-t-il mercredi au micro d’Europe 1 Bonjour.

Lutter contre la fracture territoriale à travers les primo-accédants. "Il faut rééquilibrer les choses. Il est important, à un moment où on parle de fracture territoriale, de lutter contre la désertification des centres-bourgs et des villes moyennes. Il est important de donner un signe positif aux gens qui veulent rester ou s’installer dans ces petites villes ou dans des territoires encore plus ruraux", martèle Jacques Chanut. "Or, aujourd’hui, quel est le problème pour un jeune qui veut acheter ou construire pour la première fois ? C’est l’apport. On est rarement riche et jeune en même temps. Or, le prêt à taux zéro c’est le différé du remboursement", rappelle-t-il. "Contrairement à la petite musique que j’entends, le bâtiment, l’activité de la construction, l’immobilier est une activité économique et non pas une activité de rente", tient encore à souligner ce responsable.

Des signaux inquiétants pour les chantiers. Surtout, Jacques Chanut s’inquiète d'un ralentissement du marché, et enjoint le gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour éviter un effondrement du nombre de chantiers, ce qui pourrait menacer de nombreux emplois. "Les chiffres actuels sont plutôt bons en termes de chantiers, par contre on constate un retournement sur les ventes et ça, ça nous inquiète, de l’ordre de 2% sur la maison et de l’ordre de 10% sur le collectif. On le sait, les ventes d’aujourd’hui sont les chantiers de demain ! Ce premier signe nous rappelle avec inquiétude cette période d’il y a cinq ou six ans où il y avait eu un retournement", avertit le président de la Fédération française du bâtiment.

"L’histoire peut se répéter : lorsque vous avez une activité comme la nôtre qui commence à démarrer mais qui a quelques signes de ralentissement, notamment sur le logement, il ne faut pas répéter les erreurs du passé en supprimant un certain nombre de systèmes qui permettent aux jeunes d’acheter pour la première fois ou aux gens d’investir dans le logement, sinon on aura les même effets : une chute de 100.000 à 120.000 constructions par an, c’est à dire 200.000 emplois qui peuvent être concernés".