Le nucléaire dans la campagne présidentielle : sortir ou rester, dans les deux cas l'addition risque d'être salée

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Le nucléaire dans la campagne présidentielle : sortir ou rester, dans les deux cas l'addition risque d'être salée
Pour fermer Fessenheim (photo), l'Etat pourrait débourser 500 millions d'euros par réacteur.@ AFP
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Plusieurs des candidats à l'Elysée proposent une diminution de la part du nucléaire en France, voire une sortie totale. L'Institut Montaigne s’est penché sur le coût d'une telle mesure.

Quel avenir pour le nucléaire dans la campagne présidentielle ? François Fillon et Marine le Pen veulent conserver la situation actuelle, avec trois-quarts de nucléaire dans la production d’électricité. Pour Emmanuel Macron, il faut réduire la part du nucléaire a 50% d'ici 2025, un objectif que l’on trouvait déjà dans le programme du candidat Hollande en 2012. Benoît Hamon, lui, veut en sortir totalement d'ici 2035, et Jean-Luc Mélenchon plus rapidement encore. Sauf que sortir du nucléaire, ça n'est pas gratuit. L'institut Montaigne a fait le calcul.

Sortir du nucléaire coûte cher, et plus on veut aller vite plus l’addition augmente. Une sortie totale en 2035 coûterait 217 milliards d'euros, selon les calculs de l’Institut Montaigne.

Indemniser et reconvertir. Ce qui coûte le plus dans cette facture, c'est le remplacement des centrales par des énergies renouvelables, mais aussi l'indemnisation d'EDF, car si l'Etat décide de fermer les réacteurs sans qu’il s’agisse d’une mesure de sûreté, le propriétaire du site doit être indemnisé. Pour Fessenheim, par exemple, cette indemnité est évaluée à environ 500 millions d'euros par réacteur. Pour rappel, la France en compte 58. Il faut aussi adapter le réseau de transport d’électricité et reconvertir le  personnel. Ce sont 200.000 personnes qui travaillent dans la filière nucléaire et qu'il faudra reformer.

Les réacteurs de nouvelle génération. Bref, la facture est salée : 217 milliards d’euros, mais doit être comparée a celle que l'on devra payer en gardant nos centrales. En effet, le maintien en état du parc nucléaire français a aussi un prix. Il y a d'abord les travaux de mise aux normes obligatoires pour que les centrales puissent continuent à fonctionner : 55 milliards d'euros minimum. Surtout, les centrales actuelles seront amenées à fermer d'ici 10 à 30 ans. Il faudra donc construire des réacteurs de nouvelle génération dont ignore encore le coût.