Préparation à la Coupe du monde 2018 : ce que Didier Deschamps a appris de France-Italie

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Préparation à la Coupe du monde 2018 : ce que Didier Deschamps a appris de France-Italie
Image d'illustration. Paul Pogba n'a pas brillé lors de la rencontre France-Italie.@ FRANCK FIFE / AFP
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À deux semaines d'entamer sa Coupe du monde en Russie, l'équipe de France a livré une belle prestation face à l'Italie (3-1), vendredi soir à Nice. Et apporté quelques réponses à son sélectionneur.

À quoi reconnaît-on un bon match de préparation à la Coupe du monde ? Plus qu'au résultat, aux enseignements fournis. Didier Deschamps a eu le luxe d'avoir les deux, face à l'Italie (3-1), vendredi soir à Nice. À deux semaines du Mondial en Russie, le sélectionneur des Bleus a déjà pu tirer quelques conclusions.

Il y a le choix en attaque

Quatre jours après avoir testé le trio Nabil Fekir-Olivier Giroud-Kylian Mbappé contre l'Irlande (2-0), "DD" avait choisi une autre option face à la Squadra Azzura. Si la jeune pépite du Paris Saint-Germain était toujours là, Antoine Griezmann et Ousmane Dembélé ont cette fois été chargés de mener les offensives à ses côtés. Avec davantage de liberté dans les déplacements.

Avec brio, aussi. Mbappé a été intenable. Ousmane Dembélé a fait étalage de sa vitesse et de sa technique, en marquant notamment un superbe but, malgré un manque de lucidité à certaines reprises. Légèrement plus en retrait, Antoine Griezmann, lui, a parfaitement mené ses jeunes ouailles à la baguette, inscrivant même le but du break sur penalty.

Certes, tout n'a pas été parfait, mais la formule a eu le mérite de proposer une autre animation en attaque. "C'est tout neuf. On essaie de se trouver. On n'a pas encore les bons repères sur le terrain. Mais quand on fait deux ou trois passes consécutives, on arrive à bien se trouver et ça peut faire énormément de danger", s'est satisfait "Grizou" après la rencontre. "Notre relation (devant) est prometteuse, même s'il y a encore deux ou trois ajustements à faire", a aussi reconnu Kylian Mbappé.

"C'est différent par rapport à Olivier. Ils n'ont pas de position fixe, ça permute beaucoup", a encore analysé Didier Deschamps en conférence de presse. Les deux options existent. Et les deux options marchent : contre l'Irlande, Nabil Fekir et Olivier Giroud avaient tous les deux marqué.

Paul Pogba n'est pas le patron

Il savait les regards braqués sur lui contre l'Italie. Mais n'a pas su en profiter. Paul Pogba a réalisé une prestation sans relief, contre la sélection transalpine. Transparent pendant une demi-heure, sevré de ballons, il s'est à peine distingué en adressant une belle transversale à Lucas Hernandez après avoir éliminé deux Italiens, puis en lançant finement Kylian Mbappé (40e) ou en adressant une bonne remise à Corentin Tolisso (52e). Pas grand-chose de plus. À tel point que le public de l'Allianz Riviera, qui l'a d'abord moqué sur une frappe complètement dévissée des trente mètres (75e), l'a même sifflé au moment de sa sortie (87e)...

"Paul, c'était son match de reprise. Il n'a pas tout bien fait, mais il a permis à l'équipe d'être efficace sur le plan défensif, pas forcément là où vous l'attendez, mais par moments il doit y être aussi...", a tenté de relativiser Didier Deschamps. "Il a fait du mieux qu'il a pu, on peut également faire des mauvais choix, c'est arrivé à tous les joueurs sur le terrain. Il a envie de bien faire et il doit rester concentré sur lui-même", lui a pour sa part conseillé Hugo Lloris.

"J'ai été le meilleur jeune (au Mondial 2014, ndlr), j'espère être le meilleur joueur global de la Coupe du monde, ce serait top (...). On va prendre les rênes de l'équipe de France, on va essayer d'être patron, sur le terrain et en dehors", avait récemment confié la "Pioche" dans un entretien sur Canal+. À 25 ans et 53 sélections, force est de constater qu'il n'a pas su jouer son rôle de leader vendredi soir. Cela pourrait même lui coûter cher. Car Corentin Tolisso, avec lequel il est aujourd'hui en concurrence pour occuper le milieu de terrain, a encore marqué des points face à l'Italie.

Les remplaçants sont au niveau

C'est l'une des grandes satisfactions que peut avoir le staff tricolore. Tout le monde va bien, merci pour eux. Lucas Hernandez, qui a multiplié les raids sur son côté gauche et même obtenu un penalty, a été très intéressant offensivement ; Benjamin Pavard, son pendant sur le côté droit, a plutôt bien fait ce qu'il avait à faire et a été à l'origine du premier but. Si Benjamin Mendy et Djibril Sidibé semblent indéboulonnables à ces postes, les deux jeunes latéraux ont encore prouvé qu'ils étaient parfaitement capables de faire le job. Notamment en cas de blessure.

"Il y aura de la concurrence, devant, au milieu, derrière", a prévenu Deschamps. "Lucas Hernandez n'est pas là par hasard. Il est dans un registre beaucoup plus offensif que ce qu'on lui demande à l'Atlético mais il est capable, parce qu'il a le volume et le pied."

Même Florian Thauvin, abonné aux bouts de match avec la sélection, a failli marquer vendredi. Il aurait pu le faire si sa belle reprise de volée n'avait pas été sortie par la main ferme de Salvatore Sirigu (85e). L'envie est là. Le talent aussi. Et cela tombe bien : à la Coupe du monde, Didier Deschamps aura besoin de tout le groupe. Avant cela, les Bleus auront un dernier rendez-vous face aux États-Unis, le 9 juin à Lyon. Histoire d'y voir encore plus clair.