Pourquoi Taïg Khris veut lancer un Instagram à la française

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L'entrepreneur et ancienne star du roller Taïg Khris lance l'application de partage de photos "Albums". Si celle-ci répond à certaines limites des applications déjà existantes, elle s'accompagne d'une réflexion politique. Invité d'Europe 1 mardi, Taïg Khris appelle de ses vœux l'émergence des réseaux sociaux français et européens. 

Ancien champion de rollers Taïg Khris poursuit sa reconversion dans les métiers de la tech. Après avoir lancé il y a un an l'application "Onoff", permettant d'obtenir un deuxième numéro de téléphone, l'entrepreneur s'investit dans les réseaux sociaux. Avec "Albums", il cherche à proposer une plateforme de partage d'images, qualitative et respectueuse de la vie privée de ses utilisateurs.

"Des milliers de photos qu'on n'a pas envie de mettre sur Instagram parce qu'elles sont privées"

C'est un "albums collaboratifs entre potes", résume Taïg Khris. L'application permet de partager des photos en choisissant qui y a accès. "J'ai réalisé qu'on avait tous des milliers de photos et vidéos qui dormaient dans notre téléphone, qu'on n'avait pas envie de mettre sur Instagram parce que c'était des photos privées", explique-t-il. Après un séjour entre amis au ski par exemple, l'utilisateur pourra créer un album collaboratif où réunir toutes les photos du séjour, en bonne qualité et totalement sécurisées.

L'ex-champion du monde de rollers fait d'ailleurs de la protection des données l'un de ses arguments phares. "Nos photos et nos vidéos sont aujourd'hui sur des serveurs américains. Elles sont analysées, elles sont vues dans tous les sens", déplore-t-il. Une version premium de l'application devrait par la suite permettre d'accéder à un espace de stockage supérieur et une qualité d'images améliorée.

La "puissance politique" des réseaux sociaux

Taïg Khris adresse également un message engagé sur la souveraineté en matière de réseaux sociaux. "Je trouve délirant qu'en France et en Europe, les investisseurs et les politiques n'aient pas compris la puissance politique qu'il y a derrière les réseaux sociaux", clame-t-il. Mentionnant la censure par Twitter du compte de Donald Trump, il poursuit : "Cela veut dire qu'au prochaines élections françaises, si les GAFA n'aiment pas nos candidats, ils peuvent les supprimer de la scène médiatique en un clic." Dans ce contexte, il milite pour l'émergence de réseaux sociaux français et européens.

Il ne manque pas de souligner que les Américains ont pris une avance déterminante dans ce domaine. "C'est une bataille qu'ils ont gagnée pour les cinq prochaines années." Surtout, cet outil leur permet de faire rayonner leur modèle culturel et de promouvoir leur mode de vie. Reste aux Européens à rentrer dans la danse.