"Il faut un dialogue dans la famille" : avant Noël, les parents sensibilisés aux bonnes pratiques du jeu vidéo

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Enfants jeu vidéo 1:42
Plus de neuf enfants sur dix jouent au moins occasionnellement aux jeux vidéo. © JEAN-PIERRE MULLER / AFP
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Le Syndicat des éditeurs de logiciels de loisir lance une campagne de sensibilisation pour que les parents soient à même d'encadrer la pratique du jeu vidéo de leurs enfants.

Sur ordinateur, sur console ou sur téléphone, les jeunes raffolent des jeux vidéo : 96% des 10-17 ans jouent au moins occasionnellement. Un loisir plus que populaire donc mais qui inquiète parfois les parents. À quel âge faut-il autoriser le jeu vidéo ? Combien de temps ? Quels sont les bons jeux ? Une campagne de sensibilisation, "Bons usages, bons souvenirs", vient d’être lancée par le Syndicat des éditeurs de logiciels de loisir (S.E.L.L.) pour informer les parents à quelques semaines de Noël.

"Il y a des enfants qui ne parlent que de jeu vidéo"

"J'ai pas mal verrouillé le jeu vidéo à la maison, que ce soit sur ordinateur ou sur portable." Fabrice est responsable des classes de 5ème dans un collège privé des Hauts-de-Seine. Sa fille Perrine a commencé à jouer à 6 ans. Elle en a aujourd’hui 12 mais hors de question de la laisser faire n’importe quoi avec les jeux vidéo. "On a édicté des règles avec sa mère et elle le comprend très bien. Elle a le droit de jouer une heure le week-end et uniquement à des jeux que j'ai choisi. Ce qui m'intéresse, pour elle, c'est le jeu vidéo qui permet d'éduquer", explique Fabrice.

Lui-même joueur dans son adolescence, il connaît les dérives que peuvent engendrer les jeux vidéo et veut protéger sa fille. "Je le vois encore aujourd'hui au collège. Il y a des enfants qui ne parlent que de ça, qui ne font que ça. Résultat, ils ont des problèmes d'attention et des mauvais résultats scolaires", souligne Fabrice. Pour sa fille, il a donc activé un contrôle parental. Ces dispositifs sont présents sur tous les ordinateurs, téléphones et consoles de jeu. Mais, alors que neuf parents sur dix en connaissent l'existence, seul un sur trois y a recours, selon une étude du S.E.L.L.

Encadrer le temps de jeu et dialoguer

Limiter le temps de jeu des plus jeunes, c'est le premier axe de la campagne de sensibilisation lancée pour les fêtes de Noël. "Les systèmes de contrôle parental permettent de fixer un temps de jeu maximal, de choisir les jeux accessibles, de contrôler les achats en ligne, de limiter la navigation sur Internet", rappelle Emmanuel Martin, délégué général du S.E.L.L., syndicat qui regroupe les principaux éditeurs de jeu vidéo français. En installant des barrières directement sur la machine, les parents ont un contrôle total sur les activités de leurs enfants.

Car, si le jeu vidéo est avant tout un loisir, il peut engendrer de l'addiction, de l'énervement ou encore de l'isolement chez les enfants (et chez les adultes) s'il est mal encadré. "Il n'y a pas de temps de jeu maximal fixe. Ça dépend de chaque enfant. Mais, à partir du moment où la pratique du jeu vidéo crée des tensions dans la famille, qu'un enfant délaisse ses autres activités ou que ses notes chutent en classe, alors il faut rééquilibrer", conseille Emmanuel Martin. "La clé, c'est le dialogue. Il faut que les parents s'investissent dans la pratique jeu vidéo, la comprennent pour ensuite échanger avec leurs enfants."  

Petit Papa Noël, n'oublie pas… le classement PEGI

Nul doute que les jeux vidéo occuperont encore une belle place sur les listes de Noël cette année. Pour les parents peu à l'aise avec ce médium, un simple coup d’œil à la jaquette des jeux permet de savoir s'ils sont adaptés ou non à votre enfant. En bas à gauche devant, et en petit derrière, un chiffre blanc dans un carré de couleur indique l'âge minimum requis pour jouer au jeu. C'est le classement PEGI, qui divise les jeux en cinq catégories d'âge, en fonction du contenu : 3, 7, 12, 16 et 18 ans. Ainsi, le dernier Pokémon est jouable dès 7 ans, alors que le jeu de guerre Call of Duty, et sa violence très réaliste, n'est accessible qu'aux plus de 18 ans.

Classement PEGI

"C'est un système qui fonctionne bien mais qui doit devenir un réflexe", estime Emmanuel Martin. En effet, "si plus d’un parent sur deux se déclare attentif au respect du classement PEGI lors de l’acte d’achat, une majorité d’enfants (54%) y portent moins d’importance". "Il faut être vigilant, notamment quand on achète des jeux dématérialisés ou des jeux en ligne, où le pictogramme n'est pas toujours aussi visible." Toutes les réponses aux questions que peuvent se poser les parents sur le jeu vidéo sont disponibles sur le site Pédagojeux.fr.

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