Broyage de poussins, castration à vif des porcelets : comment sortir de ces pratiques ?

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Plusieurs techniques existent pour éviter le broyage des poussins mâles à la naissance, une pratique qui sera interdite à partir de 2021 2:18
Plusieurs techniques existent pour éviter le broyage des poussins mâles à la naissance, une pratique qui sera interdite à partir de 2021 © JOEL SAGET / AFP
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Alors que le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, a annoncé l’interdiction d'ici fin 2021 de deux techniques largement employées dans l'industrie agroalimentaire, le broyage des poussins et la castration à vif des porcelets, de nombreux scientifiques cherchent des solutions pour mettre fin à ces pratiques.

Finies, les vidéos de poussins broyés et tués à la naissance ? Jusqu'à aujourd'hui, pour n’avoir que des poules pondeuses, l'industrie agroalimentaire se débarrasse des poussins mâles. Dans certaines famille de poulets, en effet, les mâles adultes restent beaucoup trop maigres pour être vendus pour leur viande. Les poussins sont donc tués à la naissance. Un véritable massacre puisque sept milliards de poussins ont été tués dans le monde, simplement parce qu’on ne sait pas quoi en faire. Alors que cette pratique devrait être interdite en 2021, selon les annonces de Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture, des scientifiques cherchent des solutions pour faire avancer la cause du bien-être animal en mettant fin à ces techniques. 

Un label mis en place outre-Rhin

L'objectif est d’arriver à voir le sexe des poussins à travers la coquille. Cela permettrait de sortir immédiatement les mâles des couveuses et de les remettre dans le circuit des œufs à consommer. Mais la tâche est très complexe et des dizaines de laboratoires dans le monde y travaillent. Les premières solutions commerciales arrivent en ce moment. Depuis quelques mois en Allemagne, par exemple, on peut acheter des œufs avec le label "Respeggt", c’est-à-dire des poussins mâles qui ont échappé au massacre. Mais ce sont aussi des œufs qui coûtent plus cher...

Les poussins ne sont pas les seuls concernés par les annonces de Didier Guillaume, puisque le ministre a aussi parlé de la castration à vif des porcelets, un autre sujet d’indignation des partisans du bien-être animal. Là aussi, les éleveurs préféreraient n’avoir que des femelles, car à la cuisson, le porc mâle dégage une forte odeur s’il n’a pas été castré. Pour certains, la viande devient même immangeable.

Alors on cherche des solutions, notamment en triant les spermatozoïdes pour être sûr de n’avoir que des porcs femelles. Mais cela reste encore, soit très cher, soit très expérimental. On travaille également sur l’alimentation des porcs pour supprimer l’odeur. Mais c’est plutôt l’anesthésie ou l’endormissement avant castration qui reste, aujourd’hui, la solution la plus viable. Mais comment être sûr, dans un élevage industriel, que le cochon a bien été endormi ? C’est la grande question que posent les associations qui luttent pour le bien-être animal.

Europe 1
Par Anicet Mbida , édité par Ariel Guez