Sexisme dans le sport : pour Sarah Ourahmoune, "il y a encore du chemin à faire"

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Après deux polémiques autour des tenues des joueuses de tennis, la championne de boxe Sarah Ourahmane, membre du comité olympique Paris-2024, a estimé au micro de Matthieu Noël jeudi qu'il restait "du chemin à faire" pour mettre fin au sexisme dans le sport.
INTERVIEW

Alors que la combinaison portée par Serena Williams à Roland-Garros agite le tennis mondial et que la Française Alizé Cornet a reçu un avertissement mercredi à l'US Open pour avoir retiré son t-shirt afin de le remettre à l'endroit, Sarah Ourahmoune, championne du monde de boxe et vice-championne olympique, membre du comité olympique Paris-2024, était l'invitée de Matthieu Noël sur Europe 1 jeudi pour parler du sexisme dans le sport.

Féminiser les instances dirigeantes dans le sport. Bien que les organisateurs de l'US Open aient "regretté" cet avertissement adressé à Alizé Cornet, pour Sarah Ourahmoune, il s'agit bien d'un acte sexiste. "C'est complètement fou", a-t-elle remarqué. Pour mettre fin à de ces polémiques autour des sportives, il faut "faire en sorte que les femmes osent davantage postuler à des postes de dirigeantes." Or pour l'instant, seules trois femmes dont Sarah Ourahmoune, sont membres du comité olympique.

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"Il y a très peu de candidates peut-être à cause d'une sorte d'autocensure. Les femmes ont tendance à penser qu'elles ne sont pas capables." Donc pour y remédier, on pourrait "proposer plus de formations, mettre en place des réseaux de femmes", énumère la sportive.

Des boxeuses olympiques seulement à partir de 2012. Néanmoins, la boxeuse remarque que les mentalités évoluent. "Il y a quand même de belles avancées, en tout cas dans la boxe. Quand j'ai commencé en 1996, les femmes n'avaient pas le droit de boxer en France", rappelle Sarah Ourahmoune. "On n'a eu l'autorisation de boxer sur un ring qu'en 1999, donc cela a été un long combat. Et il a encore fallu dix ans pour que des moyens soient mis en place pour s'entraîner."

"On a intégré les Jeux en 2012. La boxe était le seul sport qui n'était pas encore représenté par les femmes. Il y a encore des différences puisqu'il n'y a que trois catégories avec douze femmes dans chacune alors que pour les hommes il y a une dizaine de catégories et environ 250 boxeurs."

Des jupes sur les rings. Sur les rings aussi, il y a des règles vestimentaires. "En boxe olympique, on ne peut pas s'habiller comme on veut : un maillot, une ceinture pour délimiter la zone de frappe. On ne peut pas personnaliser nos tenues sauf les chaussures. Il y a eu un débat sur le port de la jupe en boxe en 2012. On a voulu nous imposer les jupes mais les boxeuses sont montées au créneau. Hors compétition, certaines en portent."

"Il y a encore du chemin à faire". Les Jeux olympiques de Paris-2024 seront-ils ceux de la parité ? "Il y a encore du chemin mais il y a six ans devant nous, j'ai envie d'y croire. Mais, il y a une grosse question d'éducation donc il faut faire évoluer des générations de mentalités. Et c'est aujourd'hui qu'il faut commencer, avant qu'il ne soit trop tard", conclut la vice-championne olympique membre du comité.