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Roland-Garros : les numéros 1 mondiaux au tapis, des vainqueurs inédits, le parcours de Kouamé... Les tops/flops de l'édition 2026

[AFP]

L'édition 2026 de Roland-Garros a livré son verdict ce dimanche après deux semaines marquées par des surprises à tous les niveaux, une jeune génération prête à en découdre ou encore les performances décevantes des représentants tricolores. Voici les tops et les flops de la rédaction d'Europe 1. 

Les tops : 

Alexander Zverev, la malédiction brisée

La quatrième tentative fut enfin la bonne pour Alexander Zverev. À 29 ans, l'Allemand a remporté son premier titre du Grand-Chelem après trois échecs en finale, dont un à Roland-Garros en 2024. Profitant d'un tableau plus dégagé que prévu, grâce entre autres au forfait de Carlos Alcaraz et aux éliminations prématurées de Jannik Sinner et Novak Djokovic, l'Allemand a tenu son rang.

Confronté au valeureux Flavio Cobolli (14e) en finale, Zverev n'a pas eu la tâche facile et il lui a fallu plus de 4 heures de combat pour arracher son premier titre majeur et s'écrouler de joie sur l'ocre du court Philippe-Chatrier. 

Mirra Andreeva, 19 ans et déjà tout d'une (très) grande

Dans le tableau féminin, elle est la seule à avoir assumé son statut jusqu'au bout. Si l'on attendait plutôt Aryna Sabalenka, numéro 1 mondiale, sa dauphine Elena Rybakina, Iga Swiatek, quadruple vainqueur à Roland ou encore Coco Gauff, la tenante du titre, c'est bien cette prodige russe de 19 ans qui a fini par triompher Porte d'Auteuil.

Faisant fi de la pression d'ultra favori qui pesait sur elle en finale face à Maja Chwalińska, 114e mondiale, issue des qualifications, Mirra Andreeva a mis fin avec autorité au conte de fées de la Polonaise pour remporter, elle aussi, son premier titre du Grand Chelem qui en appelle assurément plein d'autres. 

@rolandgarros 19 YEARS AND 39 DAYS OLD 🤯🏆🎾 #RolandGarros#Sportstiktok#MirraAndreeva♬ son original - Roland-Garros

Moïse Kouamé, l'acte de naissance d'un grand espoir 

Il était l'une des curiosités du contingent français de ce Roland-Garros. 315e au classement ATP, invité par les organisateurs, Moïse Kouamé, 17 ans, était identifié par les observateurs comme un talent à suivre de près mais il n'imaginait sans doute pas devenir la coqueluche de tout un pays.

Vainqueur expéditif de Marin Cilic, ancien demi-finaliste à Roland au 1er tour, il a offert au public du court Suzanne-Lenglen une fin de match épique face au Paraguayen Vallejo (74e) avant de tomber avec les honneurs au 3e tour contre Tabilo (35e). Sa maturité désarmante, sa bonhommie et surtout son niveau de jeu parfois proche de l'excellence ont apporté un vent de fraîcheur bienvenu dans un tennis français toujours en délicatesse.

Fonseca-Jodar, la jeunesse aux portes du pouvoir

La relève était déjà assurée avec Carlos Alcaraz et Jannik Sinner. Et voilà qu'apparaît désormais la relève de la relève. Rafael Jodar et Joao Fonseca, 19 ans, semblent promis aux sommets du tennis mondial.

Le premier est passé de la 707e à la 29e place mondiale en moins d'un an et est devenu le 4e joueur depuis l'an 2000 à atteindre les 1/4 de finale d'un de ses deux premiers tournois du Grand Chelem. Joao Fonseca, lui, s'est révélé aux yeux du grand public en renversant, au 3e tour, Novak Djokovic en cinq sets au terme d'un match tout simplement ébouriffant. Les deux joueurs n'ont pas réussi à se hisser dans le dernier carré mais ont assurément pris rendez-vous avec l'avenir. 

Gaël Monfils/Stan Wawrinka... Des adieux tout en émotion

Entre Stan Wawrinka et le public de Roland-Garros, l'histoire d'amour réclamait des adieux dignes de ce nom. Le Suisse, vainqueur du tournoi en 2015, qui disputait son dernier Roland, a rempli d'émotion les spectateurs du court Simonne-Mathieu malgré sa défaite dès 1er tour.

"C’est grâce à des tournois comme Roland-Garros que j’ai rêvé, que j’ai grandi", a-t-il déclaré en larmes, remerciant chaleureusement un public qui a toujours eu un faible pour ce virtuose francophone, l'un des rares joueurs à avoir poussé dans ses ultimes retranchements le trio Federer, Nadal, Djokovic. 

Stan Wawrinka fait ses adieux à Roland-Garros sur le court Simonne-Mathieu // [Crédits : Victor Joly / DPPI via AFP]

Un peu plus tard dans la soirée, deuxième séquence émotion avec la der de Gaël Monfils sur l'ocre du central. Battu par son compatriote Hugo Gaston, le Parisien, demi-finaliste à Roland en 2008, joueur atypique, spectaculaire, 13 fois titré sur le circuit et 6e joueur mondial en 2016 a fait ses adieux, entouré de ses trois acolytes : Gaël Monfils, Richard Gasquet et Jo-Wilfried Tsonga.

Après des remerciements adressés au public, à sa famille, à son épouse, la joueuse ukrainienne Elina Svitolina, il a reçu un hommage des stars du circuit avant de quitter, pour la dernière fois de sa carrière, le court Philippe-Chatrier sous les acclamations du public.

Les Flops

Jannik Sinner et la chaleur, une longue histoire de désamour

Rarement, depuis Rafael Nadal à Roland-Garros, un joueur n'était apparu à ce point favori pour un titre en Grand-Chelem. En l'absence de Carlos Alcaraz, tenant du titre mais blessé au poignet et forfait, le numéro 1 mondial, vainqueur de tous les Masters 1000 cette saison (dont les trois sur terre battue), semblait promis au saladier d'argent.

Mais c'était sans compter sur cette vague de chaleur inédite qui s'est abattue sur la France durant toute la première semaine du tournoi. Des conditions qui ne siéent absolument pas à l'Italien, natif du Tyrol, dans les montagnes transalpines, et plutôt mal à l'aise avec la chaleur. Résultat, une élimination dès le 2e tour par l'Argentin Juan Manuel Cerundolo et une question : cette fragilité peut-elle devenir un sérieux frein pour Sinner dans sa quête de domination ?

Aryna Sabalenka, l'effondrement

Après la frustration de l'an dernier - et une défaite en finale contre Coco Gauff - Aryna Sabalenka arrivait revancharde sur la terre battue de Roland-Garros. Et la désillusion fut finalement encore plus grande que l'année dernière avec cette élimination surprise en 1/4 de finale face à la Russe Diana Shnaider. Une défaite en trois sets et un humiliant 6-0 encaissé dans la dernière manche. Un effondrement bien difficile à prévoir en début de quinzaine.

Aryna Sabalenka, tête basse, battue en 1/4 de finale par la Russe Diana Shnaider // [Crédits : Thomas SAMSON / AFP]

La défaillance des favoris

Des surprises à tous les niveaux... mais surtout des favoris qui peinent à tenir leur rang. Le tableau masculin, déjà orphelin de Carlos Alcaraz, s'est retrouvé amputé de Novak Djokovic dès le 3e tour. Ben Shelton, 6e joueur mondial, a lui aussi pris la porte prématurément (2e tour) tandis que Félix Auger-Aliassime (5e), qui bénéficiait d'un tableau dégagé jusqu'en finale, a été stoppé en 1/4 par Flavio Cobolli.

Chez les femmes, la première surprise est venue d'Elena Rybakina, numéro 2 mondiale et deux fois vainqueure en Grand-Chelem, éliminée dès le 2e tour, puis de Coco Gauff, tentante du titre et sortie par l'Autrichienne Anastasia Potapova. Parmi les membres du top 20, seule Mirra Andreeva, future vainqueure, est parvenue à se hisser dans le dernier carré. 

Un tennis français toujours dans le flou

S'il convient tout de même de souligner le joli parcours de Diane Parry, vainqueure de trois joueuses mieux classées qu'elle - dont la 6e mondiale - pour se hisser jusqu'en 1/8e de finale, ce Roland-Garros a une nouvelle fois mis en exergue les difficultés du tennis tricolore.

En l'absence du numéro 1 français Arthur Fils, blessé au dos, les espoirs ont dû se tourner vers Moïse Kouamé, jeune homme de 17 ans sans aucune référence sur le circuit principal et encore moins en Grand-Chelem. Trop insuffisant.