Roland-Garros : Gasquet éliminé, aucun Français au troisième tour, une première depuis 1968

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Richard Gasquet s'est incliné contre Rafael Nadal. 1:38
Richard Gasquet s'est incliné contre Rafael Nadal. © Anne-Christine POUJOULAT / AFP
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Après l'élimination de Monfils un peu plus tôt dans la journée, Richard Gasquet s'est incliné contre l'Espagnol Rafael Nadal, jeudi soir, au second tour de Roland-Garros (6-0, 7-5, 6-2). Il n'y aura aucun Français au troisième tour du tournoi parisien, une première depuis le début de l'ère Open en 1968. 

Ce n'était pas arrivé depuis 53 ans. En s'imposant en trois sets contre Richard Gasquet au second tour (6-0, 7-5, 6-2), Rafael Nadal a mis fin aux derniers espoirs français à Roland Garros, et aucun joueur tricolore ne sera présent au troisième tour du tournoi parisien. Une triste première depuis 1968.

Après les éliminations d'Enzo Couacaud mercredi puis de Gaël Monfils jeudi midi, Richard Gasquet avait la lourde charge d'être le dernier Français en lice. Mais le Biterrois a été impuissant contre l'Espagnol, qui s'est facilement imposé en 2h14, malgré une jolie résistance de Gasquet dans la seconde manche. 

Déjà, au deuxième tour, la France avait battu un triste record avec seulement trois Français rescapés chez les hommes. Là encore, ce n'était jamais arrivé depuis 53 ans. Les femmes n'ont pas fait mieux, avec aussi trois survivantes au deuxième tour. Et aucune qualifiée pour le troisième tour pour la quatrième fois depuis 1968 (1981, 1986, 2019).

Des tirages difficiles 

Dès les qualifications, l'heure n'était guère à l'optimisme : aucun des 21 représentants hexagonaux n'avait réussi à obtenir un sésame pour le tableau principal. Ils étaient malgré tout 18 Bleus chez les garçons au départ de ce Roland-Garros, un chiffre globalement identique à celui de ces dernières années, même si sept avaient pour cela dû bénéficier d'une invitation. 

Mais le premier tour ne leur a pas fait de cadeaux. Avec seulement deux têtes de série (Monfils et Ugo Humbert), peu de chance d'échapper aux gros poissons en début de tournoi. Jérémy Chardy a ainsi hérité d'entrée du N.5 mondial Stefanos Tsitsipas, Pierre-Hugues Herbert (83e) de la pépite italienne Jannik Sinner (19e) et Benoît Paire de l'un des hommes en forme du moment, Casper Ruud.

En tout, 12 tricolores ont affronté des joueurs mieux classés au premier tour. Parmi eux, Hugo Gaston, éclaircie dans le ciel des Bleus l'an dernier à Roland-Garros, où il avait atteint les huitièmes de finale.

Blessures et manque d'expérience

Ajoutez à cela quelques joueurs encore convalescents (Tsonga, Pouille) et d'autres issus du circuit secondaire (Rinderknech, Bonzi), sans expérience ou presque du Grand Chelem. Les motifs d'espoir étaient minces. Et la réalité s'est avérée conforme aux prévisions. Pour le tennis français, l'édition 2021 de Roland-Garros s'achève prématurément sur un triste bilan. 

Du côté de Fiona Ferro, huitième de finaliste à l'automne dernier, mais éliminée jeudi au deuxième tour par l'Américaine Jennifer Brady, on ne se cache pas. "Il faut faire mieux... C'et un constat un peu triste", dit-elle, interrogée sur la débâcle des Français. "Il faut essayer de se poser les bonnes questions. Il va falloir retourner au travail."

Qui pour prendre la relève ?

Chez les Français, Monfils et Gasquet, tous les deux âgés de 34 ans, sont ceux qui ont tenu le plus longtemps dans ce Roland-Garros, illustration des difficultés du tennis français à trouver des héritiers à la génération dorée des "Nouveaux mousquetaires" (Simon, Tsonga, Monfils, Gasquet), tous anciens membres du Top 10. Et derrière eux ? Adrian Mannarino et Benoît Paire ont déjà 32 ans, Pouille court après son meilleur niveau après sa blessure au coude, Humbert et Corentin Moutet manquent encore de régularité. Les Bonzi, Rinderknech, Couacaud, issus du circuit Challenger, manquent eux d'expérience dans les grands tournois. Quant aux Gaston, Arthur Cazaux et autres Harold Mayot, 20 ans à peine, ils n'ont pas encore atteint leur pleine maturité.

"Les jeunes sont déjà très bons", assure le vétéran Jo-Wilfried Tsonga, refusant d'accabler les Français et insistant sur l'importance de la transmission. "J'ai envie de transmettre...J'ai surtout envie de bienveillance. Le but est de les aider à atteindre leur quête."