Vainqueur de l'ATP 500 de Barcelone puis demi-finaliste du Masters 1000 de Madrid, Arthur Fils débarque à Roland-Garros avec de gros résultats derrière lui, et la conviction d'être capable de rivaliser avec les meilleurs. Mais jusqu'où peut-il aller porte d'Auteuil où, jusqu'à présent, un certain flou prédomine ?
Voici venue l'heure pour Arthur Fils. Celle de retrouver Roland-Garros, où son horizon s'était brusquement assombri l'an dernier. Vainqueur d'un très gros combat face à Jaume Munar au deuxième tour (7-6, 7-6, 2-6, 0-6, 6-4), il avait été contraint de déclarer forfait pour son troisième, touché au dos.
Un début de saison canon...
Une blessure qui, hormis un retour très succinct au cours de l'été, l'a tenu éloigné du circuit jusqu'à début février 2026. Mais si beaucoup ont craint que cette dernière laisse des traces pour la suite de sa carrière, le Francilien a depuis mis tout le monde d'accord, enchaînant une finale à Doha puis une demi-finale à Miami, sur dur, avant de gagner l'ATP 500 de Barcelone sur terre battue et d'atteindre les demies à Madrid, sur la même surface.
Ajoutez à cela des victoires face à des joueurs comme Félix Auger-Aliassime, Valentin Vacherot, Lorenzo Musetti, Jiri Lehecka ou Andrey Rublev, tous pensionnaires du top 20, et vous comprendrez pourquoi le joueur de 21 ans attire tous les regards sur lui.
Une régularité qui éloigne l'idée d'un "one-shot", et qui a surtout mis en lumière l'évolution du Tricolore sur plusieurs aspects de son jeu. Ces derniers mois, Arthur Fils a notamment progressé au service, et démontré une volonté constante de repousser son adversaire loin de sa ligne de fond de court.
Sa capacité à frapper fort dans la balle, tout en limitant son nombre de fautes directes, donne l'impression d'un rouleau-compresseur auquel il est difficile de résister pour tout joueur n'appartenant pas au top 3 mondial. Un phénomène renforcé par le lift qu'il imprime, atout toujours important sur terre battue.
... Mais un physique qui interroge
Seule ombre au tableau, la composante physique. Outre son importante blessure contractée l'an dernier, Arthur Fils sort d'un abandon lors du Masters 1000 de Rome, dès son entrée en lice. S'il a tenu à rassurer les observateurs quelques jours plus tard, avouant qu'il s'agissait simplement de ne "pas prendre de risques" avant Paris, sa faculté à enchaîner au meilleur des cinq sets pose question. D'autant que le Français n'a pas été vu à l'entraînement porte d'Auteuil durant cette semaine de qualifications, alimentant diverses spéculations sur sa forme physique.
Un Fils en méforme serait d'autant plus dommageable que le Français n'a pas perdu contre un joueur moins bien classé que lui (hormis, donc, son abandon face à Pellegrino à Rome) depuis Madrid l'an dernier. S'il n'est pas parvenu à prendre le moindre set à Jannik Sinner ou Alexander Zverev, les deux premières têtes de série à "Roland", sur la période (en trois confrontations), son niveau intrinsèque depuis son retour de blessure se situe entre les 5e et 10e places mondiales, lui qui pointe actuellement au 5e rang du classement à la "Race", ne tenant compte que des résultats obtenus depuis début janvier.
Il bénéficie par ailleurs d'un tirage plutôt favorable pour ce Roland-Garros en évitant la partie de tableau du grand favori Jannik Sinner, qu'il aurait pu affronter dès les huitièmes de finale dans le cas contraire. Le Français s'offrira une belle affiche contre un ancien vainqueur de Roland - Stan Wawrinka - au premier tour, face auquel il apparaît comme largement favori, avant de possibles duels face à des joueurs soit en méforme (Khachanov), soit en délicatesse sur terre battue (Opelka).
S'il se présente sur le court avec l'ensemble de ses capacités physiques, Arthur Fils pourrait donc profiter d'un horizon dégagé pour réaliser un beau parcours, en l'absence de l'Italien Lorenzo Musetti, demi-finaliste en 2025 et, surtout, du double tenant du titre, l'Espagnol Carlos Alcaraz.