Ligue 1 : Lyon, Monaco, Marseille… Qui est le mieux placé pour titiller le PSG ?

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© FRANCOIS NASCIMBENI / AFP
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Si le PSG semble promis à un nouveau titre de champion de France, Lyon, Monaco et Marseille peuvent néanmoins espérer jouer les trouble-fête cette saison en Ligue 1.

Sur les 18 derniers titres en jeu sur la scène nationale, le Paris Saint-Germain en a remporté 17. Voilà résumée, en un seul chiffre, l'hégémonie du club de la capitale sur ses concurrents de Ligue 1. Pour Monaco, Lyon ou Marseille, refaire le coup de mai 2017, où l'ASM avait été sacré champion de France, relève encore de l'utopie, alors que la compétition vient tout juste de reprendre ses droits. Mais les trois clubs possèdent quelques arguments pour espérer titiller les Parisiens. Le temps d'un match ou d'une saison.

Concurrent n°1 : l'Olympique lyonnais

"En championnat, on sait que, si Paris est à son niveau, sur 38 matches, il sera très difficile à déloger. Maintenant, il faut être prêt à profiter d'un coup de moins bien du PSG. À nous de réaliser un parcours quasi parfait et pourquoi pas rééditer ce qu'a fait Monaco il y a deux ans". Bruno Genesio, l'entraîneur lyonnais, veut y croire. Surtout, il a des raisons de le faire.

Parmi celles qui incitent à l'optimisme, la belle seconde partie de championnat de l'OL la saison a tout d'une promesse. Avec neuf victoires sur les dix dernières journées, les Gones avaient terminé à la troisième place de Ligue 1, 78 points au compteur, soit leur meilleur total depuis 2007-2008, saison de leur septième et dernier titre de champion. Non sans avoir battu un nouveau record de buts (87).

Et l'équipe promet d'être plus forte cette année. "Oui, plus forte mais c'est sur le terrain qu'il faudra le démontrer. Nous gagnons du temps car nous avons conservé notre ossature d'équipe", loue encore Genesio. L'OL a fait mieux que ça. Il a anticipé dès janvier les arrivées de l'arrière latéral de Nantes, Léo Dubois (23 ans, libre) et de l'attaquant Martin Terrier (21 ans, 11 millions d'euros), qui s'est déjà montré à son avantage lors des matches de pré-saison.

Reste à savoir si l'ancien Lillois, prêté à Strasbourg la saison passée, aura du temps de jeu. À vrai dire, cela dépend beaucoup de l'avenir de Nabil Fekir. Après un transfert avorté à Liverpool, le capitaine de l'OL pourrait décider de rester dans le Rhône. Un argument non négligeable dans la course à la Ligue des champions. Et "pourquoi pas" au titre.

Concurrent n°2 : l'Olympique de Marseille

Des deux "Olympiques", l'OM paraît un cran en-dessous sur le papier. Après la cinquième place en 2017, la quatrième en 2018 (avec 15 points de plus) et un superbe parcours en Ligue Europa - défaite en finale contre l'Atlético de Madrid -, les Phocéens visent clairement le podium cette saison.

Paradoxalement, la force de l'OM est aussi sa faiblesse : son effectif a été très peu retouché à l'intersaison. Les champions du monde Steve Mandanda, Adil Rami et Florian Thauvin sont encore là, tout comme Dimitri Payet, Luiz Gustavo ou Hiroki Sakai, grandes satisfactions de la saison dernière.

Mais dans le même temps, seul le défenseur croate de 21 ans Duje Caleta-Car, finaliste du Mondial cet été, a posé ses valises sur la Canebière. Pour le reste, c'est le calme plat. Les négociations depuis deux mois pour faire venir l'attaquant Mario Balotelli en ont d'ailleurs agacé plus d'un. À tel point que certains supporters ont tagué sur les murs de la Commanderie, le centre d'entraînement : "Raiola (l'agent du joueur, ndlr), prend ton ventre, ton joueur, et casse-toi".

Le vestiaire lui, reste uni ; le stade Vélodrome aussi, dans la lignée de l'an passé. Alors oui, Marseille peut faire de grandes choses cette saison, à quelques conditions... D'abord celle de s'adapter face à l'absence de nombreux cadres en début de championnat. Cela a plutôt très bien commencé, vendredi, avec une nette victoire (4-0) contre Toulouse en ouverture du championnat. Mais pour l'OM, le plus grand challenge reste de s'imposer enfin contre ses concurrents directs. L'an passé, les joueurs de Rudi Garcia n'avaient récolté que deux petits points (sur 18 possibles) face au Top 4. Leur premier grand rendez-vous permettra sans doute de se faire une idée : ce sera le 2 septembre, à domicile face à ​Monaco.

Concurrent n°3 : l'AS Monaco

Qu'il est loin le temps béni de mai 2017, quand le club du Rocher avait ravi l'Europe et le titre de champion de France au PSG. De cette époque, il ne reste que Kamil Glik, Jemerson, Andrea Raggi, Djibril Sidibé et Falcao. Et les deux derniers pourraient rapidement quitter le navire, à l'image de leurs anciens coéquipiers Thomas Lemar, Fabinho et Joao Moutinho cet été. 

Pour combler cet exode, l'ASM a recruté. Et pas qu'un peu : plus de 100 millions d'euros ont été investis sur treize joueurs différents, dont une majorité de (très) jeunes, au milieu desquels le Russe Aleksandr Golovin (22 ans), recrue-star à 30 millions d'euros, fait presque figure d'ancien. Le manque d'expérience et d'automatismes pourraient donc peser lourd dans la balance.

La mission, elle, n'a pas changé : viser le podium, comme chaque année depuis la remontée du club dans l'élite en 2013-2014. "Que l'on soit champions ou troisièmes, que l'on aille en demi-finales de C1 ou éliminés en phase de poule, c'est la même idée de valorisation des joueurs pour les vendre et de jouer le podium de L1", explique le coach Leonardo Jardim, qui dispute sa cinquième saison sur le banc monégasque. De son propre aveu, "la plus dure depuis (son) arrivée".

Mais si un cycle prend fin à Monaco, c'est aussi peut-être qu'un nouveau commence. Avec le lot de surprises que cela comporte. Samedi, la première a été plutôt bonne : les Monégasques se sont imposés (3-1) sur la pelouse de Nantes. De quoi se remettre, au moins à court terme, de leur débâcle lors du Trophée des champions contre... le PSG (4-0)