Les skippeuses Alexia Barrier et Clarisse Crémer racontent leur Vendée Globe

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Clarisse Crémer Vendée Globe Sables-d'Olonne LOIC VENANCE / AFP 4:11
La joie de Clarisse Crémer lors de son arrivée aux Sables-d'Olonne. © LOIC VENANCE / AFP
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Invitées sur Europe 1 ce dimanche, les skippeuses Clarisse Crémer et Alexia Barrier commentent leurs performances lors du Vendée Globe 2021. Alors que la première a nettement amélioré le record féminin et que la seconde est toujours au large, elles reviennent sur leurs places en tant que femmes, dans une compétition historiquement masculine. 
INTERVIEW

Cette année, 33 skippers se sont engagés dans la plus belle course à la voile au monde : le Vendée Globe. Parmi tous les athlètes, six femmes ont participé à l'édition en 2021, un record. En terminant douzième du classement général et en bouclant son tour du monde en 87 jours, deux heures et 24 minutes, Clarisse Crémer a explosé le record féminin détenu par Ellen MacArthur. En 2001, la Britannique avait bouclé la course en 94 jours, quatre heures et 25 minutes. Au micro d'Europe 1, la championne française revient avec Alexia Barrier, skippeuse toujours dans l'Océan Atlantique, sur leurs performances. 

"On découvre la force du mental"

"J'ai vraiment beaucoup plus de confiance en moi maintenant qu'il y a trois mois", explique Clarisse Crémer, une semaine après avoir posé les pieds sur la terre ferme. "On découvre petit à petit nos limites et on se rend compte qu'elles sont beaucoup plus loin que ce qu'on aurait imaginé. Et on découvre aussi la force du mental", raconte-t-elle. Seule sur son voilier, elle raconte qu'elle a dû monter en haut de son mât pour réparer une voile, malgré une importante blessure aux jambes. "On se rend compte du pouvoir presque magique du mental. Ce sont des choses qui, après, servent dans la vie de tous les jours pour se sentir plus forte. Et ça, c'est très précieux." 

"On a aussi nos places dans des milieux d'hommes"

Interrogée sur sa place de femme dans une compétition dominée historiquement par des hommes, Clarisse Crémer répond que lorsque les skippeuses sont en mer, "on se considère avant tout comme des marins." "On ne se dit pas 'devant nous, c'est un homme ou une femme', et c'est ça qui fait pour moi aussi la richesse de la course au large", explique-t-elle au micro d'Europe 1. "Après, si ça peut permettre de montrer aux femmes qu'on a aussi nos places dans des milieux d'hommes et qu'on on peut réussir à composer avec nos faiblesses, alors ça c'est bien", poursuit-elle. 

Des témoins privilégiées de la pollution des océans

Si Clarisse Crémer est bien rentrée en France, Alexia Barrier est toujours dans la course et espère arriver aux Sables-d'Olonne d'ici le 28 février, confie-t-elle à Europe 1. Comme Clarisse Crémer, elle a été pendant son périple un témoin privilégiée de l'impact de la pollution des océans. "J'ai des capteurs qui permettent de faire remonter des données aux scientifiques, et non l'océan ne va pas bien", déplore-t-elle. Alexia Barrier souligne toutefois qu'il est possible d'agir. "Il faut agir aujourd'hui. Sinon, dans 30 ans, il n'y aura plus que des méduses et du plastique dans l'eau", prévient-elle. 

Vendée Globe 2021, un final épique 

Yannick Bestaven a remporté le célèbre tour du monde en solitaire, bien qu'il soit arrivé troisième aux Sables-d'Olonne fin janvier, derrière Charlie Dalin et Louis Burton. Mais le navigateur a pu bénéficier d'un temps compensatoire d'une dizaine d'heures pour avoir porté secours fin novembre à un autre participant, Kevin Escoffier. Sur ce lien vous pouvez retrouver le classement complet du Vendée Globe, et la position géographique des skippers encore en lice. 

Europe 1
Par Ariel Guez