"Les hooligans sont une catégorie de supporters pour qui un match s'accompagne de batailles"

© JEAN CHRISTOPHE MAGNENET / AFP
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A.D , modifié à
Pour les hooligans, la "fête" est réussie si le match va de pair avec des affrontements, indique Patrick Mignon, invité de David Abiker, dimanche.

Fête et match gâchés. Samedi, en marge de la rencontre de l'Euro Russie-Angleterre à Marseille, les violences ont fait 35 blessés, dont un se trouve entre la vie et la mort. Patrick Mignon, sociologue du sport, était invité dans l'émission C'est arrivé demain, dimanche sur Europe 1. Il est revenu sur ces affrontements entre hooligans.

Précédent en 1998. Les incidents avaient débuté dans la ville depuis jeudi. Des violences qui s'expliquent aussi par cette rencontre au sommet et la conjugaison de trois facteurs : "Russes, Anglais et Marseille". L'équation Anglais et Marseille avait déjà été le terrain de conflits pendant le Coupe du Monde 1998. "Le souvenir est un peu identique. Ensuite, Angleterre-Russie, c'est un peu la confrontation entre les hooligans les plus réputés. Les Russes sont une force montante vu l'ébullition qu'il y a dans les stades en Russie. Et enfin, c'est en centre-ville. En général, les supporters viennent s'installer quelques jours avant." Ce qui laisse l'opportunité de "toute une série d'événements liés à la consommation d'alcool, aux oppositions entre supporters." 

Plus ou moins prévisible. Les mesures de sécurité, notamment les simulations, n'ont pas suffi à échapper aux échauffourées. "Les méthodes les plus sûres sont le renseignements et la présence auprès des groupes de supporters de policiers spécialisés, ce qu'on appelle les spotters, que les Anglais et les Allemands ont mis en place. Mais ces violences ont à la fois un caractère prévisible et il y a des moments où un incident pas maîtrisé peut dégénérer."

"Quand on obtient cette bataille, on est content".Sur les images pointe l'envie d'en découdre des supporters en bermuda, comme s'il s'agissait d'une fête du coup de poing et de la canette de bière lancée. "Les hooligans sont une catégorie particulière de supporters pour qui un match s'accompagne de batailles avec d'autres supporters et quand on obtient cette bataille, on est content parce que c'est ce que l'on cherchait. La violence est une sorte de plaisir extrême. On se libère d'un certain nombre de contraintes sociales. Le plaisir de se battre et la haine des autres peuvent être dissociés", souligne le sociologue qui ajoute que l'une des particularités du hooliganisme est cette finalité de s'affronter avec d'autres holligans."