Grâce à un témoignage poignant, Emilie Andéol, championne olympique de judo, a trouvé un travail

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On peut avoir décroché l'or olympique et être au chômage. Notre éditorialiste sport Virginie Phulpin a été émue par le témoignage de la championne de judo Emilie Andéol dans les colonnes du Parisien. Un témoignage qui lui a finalement permis de retrouver du travail et qui doit servir d'exemple. 
EDITO

>> L'éditorialiste sport d'Europe 1 Virginie Phulpin revient aujourd'hui sur l’histoire d’Emilie Andéol, en or à Rio en 2016, et pourtant au chômage depuis. La championne olympique de judo a raconté sa détresse ce mardi 3 décembre au journal Le Parisien. Grâce à son témoignage, elle a pu retrouver du travail. 

"Il y a des coups de gueule salutaires. Celui d’Emilie Andéol en est un. Salvateur pour elle, et pour tous les sportifs de haut niveau, parce qu’il met en lumière leur difficile reconversion une fois leur carrière terminée. Il lui en a fallu, du courage, à Emilie, pour se dévoiler sans fard. Au sommet de l’Olympe en 2016, elle est retombée très vite. Plus de défi sportif, plus d’adrénaline, plus personne autour d’elle, et pas de travail. Autant dire qu’elle ne voyait plus vraiment de sens à sa vie. Elle avouait qu’elle aurait presque préféré ne jamais devenir championne olympique, pour éviter cette chute vertigineuse.

Son témoignage est tellement poignant, et tellement rare dans le monde du haut niveau où personne n’ose exprimer ses faiblesses, qu’elle a reçu des tas de messages de sympathie. Elle a été contactée par le ministère des Sports. Et surtout, elle a trouvé un travail. Stéphane Nomis, le président de Pacte de Performance, lui a proposé de travailler dans sa fondation. Emilie Andéol va mettre en place des classes informatiques en Afrique.

C’est ce qu'il lui fallait, elle avait besoin de se sentir utile pour retrouver foi en elle. Il a fallu la rassurer au moment de l’entretien : 'Je ne te prends pas pour te faire plaisir, mais parce que tu es une tueuse, et que tu vas maintenant convertir ce que tu as si bien su faire sur le tatami dans le monde de l’entreprise'. Emilie Andéol doit signer son contrat lundi, elle commencera juste après le nouvel an. Un nouvel an pour une nouvelle vie. Ça fait du bien ce genre de nouvelle.

Beaucoup de sportifs de haut niveau se retrouvent désemparés après leur carrière

Pour Stéphane Nomis, dont la fondation travaille avec ces athlètes de haut niveau, la moitié des sportifs ne peuvent pas ou ne savent pas comment se reconvertir après leur carrière. Un chiffre énorme. On n’en parle jamais parce qu’ils restent discrets et parce que nous, on n’a pas forcément envie de voir la détresse de nos reines et rois du stade. Le coup de gueule d’Emilie Andéol peut changer les choses. Il peut délier les langues d’abord. Et puis faire prendre conscience à tout le monde que non, les entreprises n’attendent pas forcément les anciens sportifs comme des messies. 

On doit agir, parce qu’on ne peut pas laisser tomber ceux qui ont fait briller les couleurs de la France. Les fédérations, le ministère et les fondations doivent s’unir pour trouver des solutions. Si on créait un organe centralisé pour s’occuper exclusivement du devenir de nos champions, Emilie Andéol serait encore un peu plus une héroïne du sport français."

Europe 1
Par Virginie Phulpin