Quelles sont les retombées économiques de la Coupe du monde féminine ?

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ENQUÊTE - Les chaînes de télévision, les commerçants des villes hôtes et les clubs de foot sont les grands bénéficiaires du succès de la compétition. 
ON DÉCRYPTE

Les Bleues ont su provoquer l'enthousiasme du public, bien au-delà des prévisions. Si la Coupe du monde féminine de football est bien loin d'être terminée, que ce soit au niveau des audiences, des retombées économiques pour les commerces et les villes, ou enfin des clubs amateurs, l'impact se fait d'ores et déjà sentir. 

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Face aux cartons d'audiences, TF1 augmente ses tarifs de pub 

La première marque de cet engouement sont les audiences télé. Les deux matches des Bleues ont réuni chacun plus de 10 millions de téléspectateurs, soit un niveau équivalent à celui de l'équipe masculine l'an passé, dont certains matches de poule avaient réuni de 8 à 10 millions de personnes devant leur écran. Un engouement que même TF1 n'avait pas vu venir, avant d'augmenter en panique ses tarifs de pubs. "On savait que ça serait un bel événement. Mais peut-être qu'on ne s'attendait pas à des niveaux aussi exceptionnels d'audience dès le démarrage", reconnaît François Pélissier, directeur général de la publicité et des sports chez TF1. "Les tarifs publicitaires ont été augmentés de 50 à 60 % sur les matchs de l'équipe de France", précise-t-il. 

D'un point de vue purement économique, le mondial féminin est même plus rentable que les garçons puisque les droits de diffusion coûtent 5 à 10 fois moins cher. Enfin, il n'y a pas que les Bleues qui cartonnent : plus de 1.400.000 étaient par exemple massées devant Angleterre-Argentine, vendredi.

Dans les villes, les hôtels et les stades sont pleins

Au delà des indicateurs économiques, l'engouement se mesure aussi dans les villes qui accueillent des matches. C'est le cas à Reims, où s'est notamment jouée la rencontre Italie-Jamaïque. Bénévole pour accueillir les spectateurs, Jean-Jacques le constate de lui-même : "au fil des matches, on s'aperçoit que les gens s'intéressent de plus en plus à la Coupe du Monde, ils posent plus de questions qu'avant". 

Cette fièvre footbalistique au féminin ravi évidemment les commerçants du centre, où les hôtels sont pleins, confirme Ludovic, patron d'une brasserie, au micro d'Europe 1.  "Cela se passe très bien pour nous, avec de supers retombées. Je ne pensais pas que ça allait ramener autant de gens", se réjouit-il. Et à une semaine du huitième de finale au Stade Auguste Delaune, il ne reste déjà plus aucune place. 

Vers une explosion du nombre de licenciées

Ce regain d'intérêt pour le foot féminin se constate aussi au niveau des clubs. En général, il faut attendre le milieu de l'été puis la rentrée pour avoir des remontées sur les inscriptions. Mais, d'ores et déjà, des dizaines de clubs voient affluer des jeunes filles, comme au Racing, un club omnisport des Hauts-de-Seine. On y compte 1.000 licenciés foot dont 155 filles. Mais depuis le début du Mondial, 100 jeunes filles supplémentaires sont venues toquer à la porte. Ces nouvelles arrivées ne sont cependant pas sans poser des problèmes, car les clubs, déjà pleins, vont devoir gérer un afflux de nouvelles licenciées.

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En France, on compte aujourd'hui 170 000 licenciées féminines. La Fédération en visait, avant le Mondial, 200.000 en 2020. Mais on peut être certains que ces prévisions seront dépassées. Et certains cadres fédéraux anticipent déjà 250.000, 300.000 licenciées dès septembre.

Europe 1
Par Simon Ruben avec Jean-Jacques Héry, édité par Antoine Terrel