Corée du Sud : des dizaines de milliers d'euros dérobés aux curleuses par leurs ex-entraîneurs

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L'équipe féminine sud-coréenne de curling a dénoncé les "abus verbaux" dont elles ont été victimes et le détournement d'une partie de leurs primes olympiques par leurs ex-entraîneurs.
L'équipe féminine sud-coréenne de curling a dénoncé les "abus verbaux" dont elles ont été victimes et le détournement d'une partie de leurs primes olympiques par leurs ex-entraîneurs. © WANG ZHAO / AFP
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Après cinq mois d'enquête, le ministère des Sports sud-coréen a déclaré que les ex-entraîneurs de l'équipe féminine de curling médaillée d'argent aux JO-2018 de Pyeongchang avaient détourné plus de 20.000 euros et qu'ils exerçaient "un contrôle excessif de leur vie privée".

Les ex-entraîneurs de la charismatique équipe féminine sud-coréenne de curling, qui avait fait sensation en remportant l'argent aux JO-2018 de Pyeongchang, ont détourné des dizaines de milliers d'euros des primes des athlètes, a annoncé jeudi le gouvernement après une enquête sur ce scandale.

Des outsideuses devenues des stars. Les cinq curleuses avaient écrit il y a un an l'une des plus belles pages de ces Jeux en battant notamment le Canada et la Suisse, puis le Japon en demi-finale, alors qu'elles faisaient figure d'outsiders en début de compétition. Les prouesses des "gousses d'ail" - comme elles étaient appelées car elles sont originaires d'une petite ville rurale, Uiseong, réputée pour la culture du condiment - avaient fait d'elles des célébrités.

Des coaches tyranniques. Mais elles ont révélé l'envers de la médaille en novembre en accusant publiquement l'ancien vice-président de la Fédération coréenne de curling (KCF) Kim Kyung-doo de les avoir soumises "à des abus verbaux innombrables", et en affirmant que leurs entraîneurs leur imposaient un contrôle excessif de leur vie privée. Ces entraîneurs ont finalement démissionné en décembre.

Elles les avaient également accusé d'avoir conservé l'argent gagné lors de plusieurs compétitions internationales, suscitant un tollé et une enquête du ministère des Sports. Elles accusaient leurs coaches de gérer le curling sud-coréen comme un fief familial. Kim Kyung-doo est le père de leur ex-entraîneuse principale tandis que le mari de cette dernière gérait leurs affaires financières et administratives.

Des accusations "en majorité vraies". Après cinq semaines d'enquête, le ministère a conclu que les accusations des curleuses étaient "en majorité vraies". "Il a été confirmé que les entraîneurs exerçaient un contrôle excessif de leur vie privée en les réprimandant si elles parlaient avec leurs anciens entraîneurs ou avec les membres des autres équipes", a indiqué le ministère, en ajoutant que les curleuses n'avaient pas accès aux lettres de leurs fans ou aux cadeaux envoyés.

Des revenus "mal gérés". Les athlètes ne furent en outre pas correctement payées, a précisé le ministère, en indiquant qu'environ 94 millions de won (73.500 euros) de revenus de l'équipe avaient été "mal gérés". Les entraîneurs ont en outre détourné environ 30 millions de wons (environ 23.500 euros) sur les primes, selon le ministère, dont l'enquête dénonce aussi des faits d'évasion fiscale. Le ministère a annoncé qu'il transmettrait ces conclusions à la police.

Un seul succès olympique. Les joueuses, également appelées "Team Kim" (équipe Kim) car elles partagent le même patronyme, le plus répandu dans le pays, portent des sobriquets relatifs à la nourriture - Pancake ou encore Steak - pour que le public les reconnaisse plus facilement. Malgré leur argent olympique, elles ont échoué aux compétitions nationales en août et n'ont pu participer aux événements internationaux, dégringolant dans le classement mondial.