Nice-Monaco, derby bouillant et "guerre" d'Azur

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COUPE DE FRANCE - Les deux clubs se retrouvent mercredi en 8es de finale, à l'Allianz Riviera.

Il n'est sans doute pas le derby le plus médiatisé de l'Hexagone mais il est peut-être le plus bouillant. Nice-Monaco, derby de la Côte d'Azur, est l'affiche des huitièmes de finale de la Coupe de France qui se poursuivent mercredi. Le socle de la rivalité entre les deux clubs est géographique - les villes sont séparées par moins de 20 kilomètres - mais aussi sociologique : les supporters niçois - dont la tribune populaire Sud - se posent régulièrement en opposition à leurs homologues monégasques, moqués pour soutenir la riche Principauté.

A la différence d'un PSG-OM, par exemple, ce derby est ancré dans l'histoire du football français et ce, depuis longtemps. L'OGCN a été fondé en 1904 et l'ASM en 1924 et les deux clubs ont été des piliers du football français des années 1950 et 60 (quatre titres pour l'OGCN entre 1951 et 59 et deux pour l'ASM en 1961 et 63).

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Mon voisin le (très) riche. Evidemment, les deux clubs ne sont plus aujourd'hui dans la même dynamique. Revenu de Ligue 2 cette année, l'AS Monaco joue les premiers rôles dans le championnat de France grâce aux capitaux russes de son président Dmitri Rybolovlev. Nice, de son côté, fait avec les moyens du bord. Après une étonnante quatrième place la saison dernière, le "Gym" végète aujourd'hui en milieu de tableau. La première venue de l'ASM à Nice le 4 décembre dernier en Ligue 1 a montré l'étendue de l'écart : 3-0 pour les Monégasques. Pourtant, du côté de Nice, on ne voit pas forcément d'un mauvais œil la montée en puissance du rival local. "Nous sommes ravis de les voir développer leur projet, qui n'est en rien un frein ou un problème pour le nôtre", souligne dans les colonnes de L'Equipe le directeur sportif de l'OGCN, Julien Fournier. "Il n'y a pas de jalousie vis-à-vis de leurs moyens."

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Monaco a le fan de base, Nice a la base de fans. Et si la jalousie n'était pas là où on le croit ? Car malgré sa nouvelle surface financière et son effectif prestigieux (Falcao, Toulalan, Abidal, James Rodriguez, Joao Moutinho), l'ASM tarde à attirer de nouveaux spectateurs, naviguant à une improbable avant-dernière place au classement des affluences (9.639 spectateurs). De son côté, Nice peut compter sur le soutien de 24.311 spectateurs en moyenne et remplit à plus de 70% son nouveau stade, l'Allianz Arena, inauguré cette année et qui peut accueillir 34.085 spectateurs, soit près du double du stade Louis-II. Avant de penser à agrandir son écrin - un stade d'une capacité de 18.000 spectateurs est une originalité pour un club de standing européen -, l'ASM va devoir chercher à agrandir sa base de fans...

Les fans de l'ASM ont pris rendez-vous. Mercredi soir, les plus actifs des supporters monégasques, dont les Ultras 1994, seront bien présents, puisque la tribune réservée aux supporters visiteurs devrait être remplie (environ 800 personnes). Compte-tenu des affrontements passés entre les deux clans de supporters - notamment en Coupe Gambardella, une compétition de jeunes ! -, la sécurité devrait être renforcée dans l'Allianz Riviera, qui a déjà connu cette année quelques matches agités, comme le Nice-Saint-Etienne du 24 novembre.

Mais, du côté niçois et de la Brigade Sud, on aura plutôt à cœur de contester la politique menée à l'encontre des ultras, si l'on s'en tient aux déclarations faites par certains membres de la "BSN". Ce qui ne veut pas dire que l'on n'accueillerait pas avec un certain plaisir une victoire face au nouveau riche et toujours aussi proche voisin...

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