Yvelines : un homme condamné à 25 ans de réclusion pour l'assassinat de sa femme

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L'avocate de la défense, Margaux Mazier, a tenté de démontrer que son client n'était "pas un danger pour notre société".
L'avocate de la défense, Margaux Mazier, a tenté de démontrer que son client n'était "pas un danger pour notre société". © JACQUES DEMARTHON / AFP
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Ne supportant plus d'être trompé, il avait emmené sa compagne sur un chemin de campagne et l'avait poignardée à deux reprises avant de lui enfoncer du coton dans la gorge.

Un homme de 41 ans a été condamné jeudi à 25 ans de réclusion criminelle par la Cour d'assises des Yvelines pour l'assassinat de sa femme alors que celle-ci entretenait une liaison avec un autre homme.

Poignardée à deux reprises. Le soir du 5 octobre 2013, ne supportant plus d'être trompé, il avait emmené sa compagne sur un chemin de campagne au Tremblay-sur-Mauldre dans les Yvelines et l'avait poignardée à deux reprises. Il avait ensuite quitté la scène avant de revenir quelques minutes plus tard pour lui enfoncer du coton dans la gorge, alors qu'elle n'était pas encore morte.

Né au Portugal, arrivé en France à 21 ans, l'accusé avait rencontré sa future épouse peu après son installation en France. Elle n'avait que 13 ans et était la fille de son employeur, un Portugais lui aussi, patron d'une entreprise paysagiste. Ensemble, le couple aura deux enfants, dont une fille née en 2001 alors que la mère n'a que 15 ans. Très vite, les époux connaissent des difficultés. La femme "veut sortir", le mari est "casanier", selon les mots de Frédéric Champagne, avocat de la famille de la victime.

L'accusé surprend une première fois sa femme avec un autre homme en 2009, puis en juillet 2013, trois mois avant l'assassinat. Le mari jaloux se met alors à surveiller sa femme. Jusqu'à cette soirée du 5 octobre 2013, lorsque l'accusé va chercher son épouse à la sortie de son cours de salsa pour l'emmener en forêt et l'assassiner. 

"C'est monstrueux ce que j'ai fait." Interpellé à son domicile peu après les faits, le mari niera son implication pendant trois ans, avant de tout avouer lors de la reconstitution, en décembre 2016. "Pourquoi nier tout ce temps ?", lui a demandé la présidente Magali Tabareau à l'audience. "J'avais peur", lui a rétorqué l'accusé. "J'ai tout perdu, j'ai travaillé toute ma vie pour rien", a-t-il ensuite lâché, entre deux sanglots, "c'est monstrueux ce que j'ai fait".

"Une femme meurt tous les trois jours en France sous les coups de son conjoint", a rappelé l'avocate générale, qui avait requis la peine de 20 ans ferme. La victime "a rejoint malheureusement cette statistique inacceptable pour notre société", a-t-elle ajouté.

L'avocate de la défense, Margaux Mazier, a tenté de démontrer que son client n'était "pas un danger pour notre société". L'accusé "aimait sa femme" et "l'idée de ne plus être avec elle lui était insupportable (...), le mobile est nécessairement passionnel". Pour Frédéric Champagne en revanche, la victime "est morte d'avoir voulu quitter" son mari.