Voyageuse refusée dans un bus : plainte du chauffeur RATP pour "dénonciation calomnieuse" et "discrimination"

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© JACQUES DEMARTHON / AFP
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Le chauffeur de bus a été accusé d'avoir refusé aurait d'ouvrir la porte de son véhicule à une passagère pour des motifs religieux.

Un chauffeur de bus de la RATP, accusé d'avoir refusé pour des motifs religieux une voyageuse parce qu'elle portait une jupe, a porté plainte jeudi pour "discrimination" et "dénonciation calomnieuse", a appris l'AFP auprès de son avocat. Ce machiniste, de confession musulmane, fait l'objet d'une enquête interne de la RATP depuis la publication sur Facebook d'un message du père de la jeune femme, l'écrivain Kamel Bencheikh, relatant cet incident du 30 avril au soir à Paris.

"Je revendique mon islamophobie", écrivait Kamel Bencheikh dans ce message désormais inaccessible, où il accusait le chauffeur, décrit comme "un barbu de type maghrébin", d'avoir refusé d'ouvrir les portes à sa fille et à une de ses amies, à cause de la jupe de la première. La ministre des Transports Elisabeth Borne et la secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, avaient déclaré dimanche suivre "avec la plus grande attention le déroulement de cette enquête" interne de la RATP.

Une "dizaine" de témoins potentiels

"Mon client n'a aucune pratique religieuse affectant son activité professionnelle", a déclaré Me Samim Bolaky, dénonçant des "propos fallacieux" de Kamel Bencheikh et de sa fille. L'avocat a adressé jeudi au parquet de Paris une plainte pour "discrimination sur le fondement de l'appartenance, vrai ou supposée, à une religion déterminée" ainsi que pour "dénonciation calomnieuse" et pour "faux et usage de faux". Selon lui, son client avait marqué l'arrêt mais les deux jeunes femmes "fumaient et continuaient à fumer devant les portes de son bus", qu'il n'avait donc pas ouvertes. Le chauffeur avait repris sa route et les deux femmes l'avaient rattrapé au feu rouge en lui demandant des explications.

"Une dizaine de passagers occupaient le bus au moment des faits, et pourraient très facilement attester de la teneur des propos du conducteur de bus, qui n'a aucunement évoqué l'accoutrement des deux jeunes femmes", a ajouté l'avocat. La RATP avait annoncé dimanche ouvrir une enquête interne et une procédure disciplinaire "qui pourra aller jusqu'à la révocation", "les faits tels qu'ils sont rapportés" étant "totalement contraires à toutes les valeurs que porte la RATP".

Le conducteur, qui travaille depuis quatre ans dans l'entreprise, "n'a aucun antécédent dans son dossier" et "n'a jamais eu à faire l'objet d'observation ou de sanction quant à son comportement", avait-elle également fait savoir. Enfin, elle avait précisé que les vidéos à bord du bus utilisé le soir de l'incident ne pouvaient plus être exploitées car hors délai.