Violences sur les Champs-Élysées : comment les "black blocs" ont-ils pu faire autant de dégâts ?

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Les quelque 1.500 "black blocs" qui ont participé aux violences sur les Champs-Élysées lors de l'"acte 18" des "gilets jaunes" ont bénéficié d'un certain soutien de la part des manifestants et étaient bien préparés pour ne pas se faire repérer par les forces de l'ordre.

Parmi les manifestants qui ont participé aux violences de samedi sur les Champs-Élysées lors de l'"acte 18" des "gilets jaunes", on trouve ces "black blocs". Alors que les méthodes de ces groupes violents sont connues, ces casseurs sont parvenus à faire de nombreux dégâts. En cause, leur nombre et leur organisation bien rodée.

Quelque 1.500 "black blocs". Si les "blacks blocks" ont pu agir aussi brutalement samedi, c'est d'abord parce qu'ils étaient très nombreux. Selon le ministère de l'Intérieur, 1.500 individus ultra-violents avaient infiltré la manifestation et s'étaient dissimulés au sein de milliers de "gilets jaunes".

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Un relatif soutien de la part des "gilets jaunes". Par ailleurs, ils ont bénéficié d'une certaine sympathie de la part des manifestants. Lorsque le "black bloc" s'est formé - un regroupement d'individus très mobiles, masqués et vêtus de noir - certains "gilets jaunes" ont d'abord applaudi les bris de vitrines, sans pour autant y participer. Un relatif soutien qui a rendu plus difficile l'intervention des forces de l'ordre.

De nouvelles méthodes. Les "black blocs" ont également changé de mode d'action, ce qui serait synonyme de l'arrivée de nouveaux membres. En comparaison, "lors du 1er-Mai, des 'black blocs' avaient tenté de mettre le feu au MacDonald. Mais d'autres personnes leur avait dit 'non', qu'il y avait un immeuble d'habitation au-dessus et que cela mettait la vie d'autres personnes en danger", rappelle Sylvain Boulouque, spécialiste des mobilisations collectives, au micro d'Europe 1. "Cette fois-ci, il y a eu le même phénomène mais les autres 'black blocs' n'ont pas pu empêcher l'incendie de la banque avec la propagation aux étages supérieurs."

En début d'après-midi samedi, une banque située boulevard Roosevelt, près des Champs-Élysées, a été la cible d'engins incendiaires et les flammes se sont propagées. Une femme et son bébé, coincés au deuxième étage, ont été secourus par les pompiers.

Une action bien organisée. Enfin, il semble que l'action ait été minutieusement préparée. Les contrôles de police mis en place aux entrées de Paris n'ont d'ailleurs rien donné : aucun marteau aucune barre de fer n'ont été découverts. 

Des failles dans le dispositif de sécurité ? Au sein de la police, plusieurs voix s'élèvent désormais pour dénoncer la manière dont a été gérée la présence de ces casseurs samedi. Leur nombre lui même aurait été sous-estimé par les services de renseignements avant la manifestation. Aussi, certains remettent en question le dispositif de sécurité lui-même : 5.000 policiers et gendarmes étaient mobilisés à Paris, mais une grande partie l'était autour de l'Elysée et des lieux de pouvoirs, ou pour la marche pour le climat qui avait lieu au même moment ailleurs dans la capitale. Certains hauts gradés pointent le manque de coordination entre CRS et policiers. Et montrent du doigt la préfecture de police, chargée d'organiser la sécurité. 

Europe 1
Par Jean-Jacques Héry, Pierre de Cossette, édité par Marthe Ronteix