Violences contre les femmes : retrait des affiches polémiques de la mairie de Béziers

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Une des affiches de la campagne avait particulièrement choqué en raison de son caractère "féminicide".
Une des affiches de la campagne avait particulièrement choqué en raison de son caractère "féminicide". © PASCAL GUYOT / AFP
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Face au tollé suscité par sa nouvelle campagne d'affichage en faveur du TGV, la ville de Béziers a retiré ses affiches, assurant qu'elles "ont rempli leur rôle".

La mairie d'extrême droite de Béziers a retiré mardi les affiches en faveur de la venue du TGV, dont le caractère déplacé et violent à l'égard notamment des femmes a suscité un tollé, a indiqué le maire Robert Ménard à l'AFP. Mardi soir, au lendemain de leur mise en place, il ne restait plus aucune affiche dans la ville, a assuré son service de communication, ajoutant que l'opération était destinée à être de très courte durée.

Une affiche polémique. L'une de ces affiches montre une femme ligotée sur des rails, hurlant à l'approche d'une locomotive à vapeur en arrière plan, assortie du commentaire en lettres capitales : "Avec le TGV, elle aurait moins souffert !" Cette affiche a aussitôt fait réagir de nombreux responsables politiques, et a entraîné l'ouverture d'une enquête judiciaire.

La justice saisie. Mardi, le Collectif national pour les droits des femmes, a annoncé avoir introduit un référé liberté contre le Robert Ménard pour faire retirer en urgence les affiches. Lundi, la secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les hommes et les femmes, Marlene Schiappa, avait dénoncé une "campagne une fois de plus odieuse". Laurence Rossignol, ancienne ministre PS des Droits des femmes, avait porté plainte aux côtés des Jeunes Insoumis.

"Nos affiches ont rempli leur rôle". Dans un communiqué publié mardi, la mairie de Béziers a réagi : "Il aura suffi de cinq affiches - à l'humour très Hara Kiri - pour qu'enfin, les médias et les pouvoirs publics regardent de notre côté et, nous l'espérons, entendent ce que nous avons à dire". "Nos affiches ont rempli leur rôle. Place désormais, dans les 'sucettes' de la ville, aux fêtes de Noël", a-t-elle ajouté.

Plus tôt mardi sur Europe 1, Robert Ménard avait défendu cette campagne d'affichage : "Ce sont des affiches qui provoquent (...) On essaie juste de faire de l’humour, c’est de l’humour noir." Et le maire de Béziers d'assurer : "Ce n’est pas pour le plaisir de choquer, mais pour parler du fait qu’on attend le TGV depuis 30 ans."