Vincent Lambert est mort d'"une médiatisation excessive", estime Michel Houellebecq

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L'écrivain a l'impression que "Vincent Lambert est mort d'une médiatisation excessive, d'être malgré lui devenu un symbole"
L'écrivain a l'impression que "Vincent Lambert est mort d'une médiatisation excessive, d'être malgré lui devenu un symbole" © AFP
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Dans une tribune publiée dans "Le Monde", l'écrivain dénonce une forme d'ingérence de l'Etat et s'en prend tout particulièrement à la ministre de la Santé Agnès Buzyn, qu'il accuse d'avoir voulu "ouvrir une brèche" dans les mentalités. 

Vincent Lambert, patient en état végétatif depuis presque onze ans décédé jeudi après un arrêt des traitements, a été victime d'une surmédiatisation et d'être devenu un symbole du débat sur la fin de vie, s'insurge l'écrivain Michel Houellebecq.

"Il m'est difficile de me défaire de l'impression gênante que Vincent Lambert est mort d'une médiatisation excessive, d'être malgré lui devenu un symbole", affirme l'auteur culte des "Particules élémentaires" dans une tribune au Monde, écrite avant l'annonce du décès.  Dans son bref texte, il dénonce une forme d'ingérence de l'Etat et s'en prend tout particulièrement à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, qu'il accuse d'avoir voulu "ouvrir une brèche" et "faire évoluer les mentalités".

"Vincent Lambert n'était nullement en proie à des souffrances insoutenables"

"C'est fait. Une brèche a été ouverte, en tout cas. Pour les mentalités, j'ai des doutes. Personne n'a envie de mourir, personne n'a envie de souffrir : tel est, me semble-t-il, l''état des mentalités', depuis quelques millénaires tout du moins", écrit le romancier, l'un des auteurs français les plus traduits à l'étranger.

 Car, "Vincent Lambert n'était nullement en proie à des souffrances insoutenables, il n'était en proie à aucune souffrance du tout (...) Il n'était même pas en fin de vie. Il vivait dans un état mental particulier, dont le plus honnête serait de dire qu'on ne connaît à peu près rien", poursuit-il, digressant sur les bienfaits supposés de la morphine ou le concept de dignité.

"La dignité ne peut en aucun cas être altérée par une dégradation, aussi catastrophique soit-elle, de son état de santé. Ou alors c'est qu'il y a eu, effectivement, une 'évolution des mentalités'. Je ne pense pas qu'il y ait lieu de s'en réjouir", conclut le romancier de 63 ans, connu pour ses romans à la fois polémiques et visionnaires.