Vidéosurveillance : Castaner veut un débat sur la reconnaissance faciale

  • A
  • A
videosurveillance
À Nice, le nombre de caméras a triplé en dix ans. © CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
Partagez sur :
En déplacement à Nice, où une expérimentation sur la reconnaissance faciale à travers la vidéosurveillance a été menée, le ministre de l'Intérieur a jugé "important" d'ouvrir un tel débat.

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a jugé "important" vendredi d'ouvrir le débat sur la reconnaissance faciale utilisée pour la vidéosurveillance, saluant une expérimentation menée à Nice où le maire LR Christian Estrosi a triplé le nombre de caméras en dix ans.

Il salue "l'ambition sécuritaire" d'Estrosi

"L'important, c'est qu'on puisse ouvrir le débat. Je n'ai pas d'avis tranché sur cette question mais tout ce qui peut contribuer à la sécurité des Français va dans le bon sens, en veillant systématiquement à ce que les libertés individuelles ne soient pas mises en jeu", a déclaré le ministre, à Nice pour l'arrivée d'un renfort de vingt policiers affectés à deux quartiers sensibles.

"Très heureux qu'on puisse travailler sur l'expérimentation menée à Nice", l'ancien socialiste a salué "l'ambition sécuritaire" de Christian Estrosi : "Ce n'est pas un gros mot pour moi", a-t-il dit félicitant le maire de la ville pour "sa volonté de construire des passerelles transpartisanes".

À Lyon, après l'attentat au colis piégé qui a fait 14 blessés, "c'est grâce à la vidéo que nous avons pu retrouver l'auteur présumé et l'interpeller. Mais c'est un travail qui a été fait image par image avec des policiers derrière chacun des écrans : la reconnaissance faciale peut permettre d'aller plus vite", a estimé Christophe Castaner.

Un rapport remis au ministre

À la tête de la première police municipale de France par ses effectifs, Christian Estrosi lui a remis un rapport sur le test expérimental mené durant le carnaval en février. La Commission nationale informatique et libertés (Cnil) avait été informée et le système permettait de repérer quelqu'un sur la base d'une photo ou d'un fichier. Selon la Cnil, il s'agissait de vérifier la capacité d'un logiciel de traitement des flux vidéo à effectuer de la reconnaissance faciale à la volée de 50 personnes volontaires, filmées seules et au sein d'un groupe d'individus. Les personnes étaient informées et pouvaient prendre un autre chemin si elles refusaient l'expérience.

À Nice, Christophe Castaner a confirmé l'engagement de l'État pour ouvrir en 2024 le premier hôtel de police de France abritant policiers nationaux et municipaux, avec le centre de vidéosurveillance relié à 2.300 caméras, et bientôt 3.000 d'ici cinq ans. Il sera implanté dans un ancien hôpital édifié au 19ème siècle en plein centre-ville, pour un coût global annoncé de 160 millions d'euros. Seule la localisation du centre de rétention administrative fait encore débat, Christian Estrosi refusant qu'il soit situé là, au cœur de Nice.