Une fronde des universités face à la hausse des tarifs pour les étrangers ? "Les choses se mettent en place", assure Frédérique Vidal

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Au micro d’Europe 1, la ministre de l’Enseignement supérieur a assuré qu’il n’y avait aucune résistance de la part des universités françaises quant à la mise en place de la hausse des frais d’inscription pour les étudiants hors UE.
INTERVIEW

La mesure avait fait scandale. Pour soutenir un plan d'attractivité des universités françaises à l'international, à la manière des grands campus américains, le gouvernement a mis en place des frais d'inscriptions plus élevés pour les étudiants non-résidents d’un pays de l’Union européenne. Mais seule une poignée d’universités sur 73 ont appliqué à la lettre les instructions de l’exécutif.

"Les universités doivent d’abord construire un partenariat stratégique, et voir comme elles mettent en place cela progressivement", a déclaré au micro de Bernard Poirette dimanche, sur Europe 1, Frédérique Vidal, la ministre de l’Enseignement supérieur, qui se refuse à parler de fronde. "Sept universités l’ont fait dans leur intégralité, d’autres ont commencé par quelques formations… les choses se mettent en place, comme convenu à l’issue des discussion du mois de janvier", veut-elle rassurer.

Une augmentation du nombre d'étudiants étrangers 

Alors que les frais de scolarité sont de 170 euros en licence pour un étudiant français, un étranger non européen devra débourser 2.770 euros pour la même formation. Mais faire payer plus cher les étrangers doit aussi permettre de leur offrir plus de services, comme dans les grandes écoles type Science Po, en finançant par exemple des cours en anglais ou des nouveaux logements dédiés. "Les étudiants internationaux avaient de réelles difficultés à leur arrivée, et ne se sentaient pas accueillis aux standards internationaux", explique la ministre.

"Les universités sont des établissements publics. Ce qui est important, c’est de voir qu’alors que ces tarifs ont été affichés, le nombre d’étudiants internationaux inscrits dans les universités a augmenté cette année d’un peu plus de 2%", se félicite Frédérique Vidal. Certaines université considèrent pourtant cette mesure comme discriminatoire pour les étudiants d’Afrique francophone. De son côté, la ministre tient à rappeler que les nouveaux tarifs restent largement en deçà de ceux pratiqués dans la majorité des autres pays européens. 

Europe 1
Par Virginie Riva et Romain David