Un psychologue condamné en appel à 15 ans de réclusion pour viols sur trois patientes

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Le psychologue avait été condamné en 2009 pour agression sexuelle à cinq ans de prison dont un an ferme. © DAMIEN MEYER / AFP
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Adepte de "psychothérapie corporelle", le psychologue était accusé de viols par trois de ses patientes et avait déjà été condamné en 2009 pour des faits similaires. 

Un psychologue accusé de viols par trois de ses patientes alors qu'il avait interdiction d'exercer après plusieurs condamnations pour des faits similaires, a été condamné vendredi à 15 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises d'appel des Yvelines.

Maurice Moulay, adepte de "psychothérapie corporelle", a été reconnu coupable de "viol commis par une personne abusant de l'autorité que lui confère sa fonction, en récidive", sur trois femmes âgées aujourd'hui de 30, 33 et 53 ans. La cour et le jury ont suivi le ministère public qui avait requis "au moins 15 ans de réclusion" contre le psychologue clinicien de 71 ans, une peine inférieure aux 17 ans prononcés en première instance en 2017. La cour a assorti sa peine d'un suivi socio-judiciaire pendant cinq ans et d'une injonction de soins.

L'accusé reconnaît des "gestes inappropriés". Condamné en 2009 pour agression sexuelle à cinq ans de prison dont un an ferme, Maurice Moulay avait, depuis cette date, interdiction d'exercer. Il avait également été condamné en 1996 pour viol à 12 ans de réclusion criminelle et en 2014 à trois ans de prison, dont deux avec sursis, pour agression sexuelle. À chaque fois, les victimes étaient des patientes venant le consulter à son cabinet de Bourg-la-Reine, dans les Hauts-de-Seine. L'accusé a reconnu que les gestes pratiqués sur les victimes étaient "inappropriés". "Mais je ne le savais pas à l'époque", a-t-il argué. "Je regrette, je suis sincèrement désolé", a-t-il lancé aux parties civiles.

Une relation incestueuse avec sa mère alcoolique. Deux de ses victimes ont décrit le processus d'"emprise" dans lequel elles étaient entrées, au fur et à mesure de leur thérapie. L'une d'elles a notamment relaté les séance de "relaxation", les demandes de Maurice Moulay lui intimant de se déshabiller, les caresses sur les parties intimes, les positions et photos gênantes. Toujours sous couvert de thérapie. Au cours de ce procès, l'ex-thérapeute a évoqué, sans vouloir s'étendre, des relations incestueuses avec sa mère alcoolique, subies durant son enfance. Cette nouvelle accusation de viols, a-t-il dit, l'a renvoyé à "une culpabilité très ancienne: celle de toucher le corps de (sa) mère" en ayant "l'habitude de ne pas érotiser" ces gestes. "J'ai une problématique d'ordre psycho-sexuel", a-t-il fini par reconnaître, comme l'avait relevé un des experts psychiatres qui l'ont examiné.

Une nouvelle instruction après une nouvelle plainte. Le septuagénaire n'en a cependant pas fini avec la justice: il est mis en examen dans une nouvelle instruction ouverte en août après la plainte pour agression sexuelle déposée par une de ses anciennes patientes.