Un tortionnaire de chats condamné à neuf mois de prison ferme

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Les faits se sont déroulés du 4 mai au 18 juin sur une quinzaine de chats dont trois ont dû être euthanasiés. Le prévenu a avancé l'hypothèse d'effets secondaires liés à son traitement médical.

Un ingénieur, réputé brillant, de 50 ans a été condamné mercredi en correctionnelle à Caen à 18 mois de prison dont neuf mois ferme pour des actes de cruauté à l'égard d'une quinzaine de chats. Le tribunal n'a pas ordonné de placement sous mandat de dépôt du prévenu qui comparaissait détenu.

Une quinzaine de chats victimes. "Le jour, il est cadre supérieur. La nuit révèle son comportement de tortionnaire de chats", des faits "graves, préparés, multiples" qui relèvent "nécessairement d'un certain instinct de perversité", a estimé la procureure de la République de Caen Carole Étienne avant de requérir deux ans de prison dont un an avec sursis. Les faits se sont déroulés du 4 mai au 18 juin sur une quinzaine de chats dont trois ont dû être euthanasiés, a précisé la magistrate. Selon Patrice Grillon, avocat de l'association Stéphane Lamart, qui s'était portée partie civile, il est "rarissime de retrouver l'auteur de tels actes". 

Les effets secondaires d'un traitement ? "Pourquoi a-t-il commis ces actes ? Il ne le sait pas. Il imagine que c'est peut-être à cause de son traitement", a plaidé l'avocate de la défense Stéphanie Perol. Selon une expertise psychiatrique, ces faits "en rupture totale avec le comportement habituel" du prévenu, peuvent être des effets secondaires d'un traitement, Requip, contre une maladie neurodégénérative, que l'homme a expliqué prendre depuis quelques mois. "Je regrette ce que j'ai fait. J'ai fait du mal à des animaux, à des familles. Je ne pensais pas causer autant de dégâts", a déclaré le prévenu juste avant que quelqu'un dans le public, qui a plusieurs fois réagi au cours du procès, ne lui lance : "pense à tes quatre enfants".

Pattes et crocs cassés,langues déchirées. S'exprimant de façon très calme, l'homme a reconnu avoir "luxé" les pattes de chats qu'il repérait la nuit durant des insomnies dans les rues de l'agglomération de Caen. L'enquête fait aussi état de pattes cassées voire de mâchoires et de crocs cassés et de langues déchirées. Le prévenu qui attirait les chats avec de la nourriture a expliqué ne pas avoir osé signaler ces faits à son neurologue qui l'a interrogé sur d'éventuels effets secondaires étranges. Le dictionnaire médical Vidal fait état de possibles addictions aux jeux, achats compulsifs, hyper-sexualité, mais pas de maltraitance d'animaux, a relevé Me Grillon.

Des associations parties civiles. Le casier judiciaire de cet homme marié, qui a chez lui un chat et un chien qu'il ne maltraite pas, était vierge jusqu'à mercredi soir. La quinzaine de personnes qui se sont portées parties civiles ont pour la plupart obtenu 1.000 euros pour préjudice moral. Une audience civile aura lieu le 10 janvier 2019 pour les préjudices matériels (frais de vétérinaires). Plusieurs associations de protection des animaux, dont la SPA, les fondations 30 millions d'amis, et Brigitte Bardot, étaient également représentées.