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«Un État dans l'État» : une commission d'enquête étrille la gestion du musée du Louvre

Musée du Louvre (Illustration) [Julie SEBADELHA / AFP]

Le président de la commission d'enquête sur la sécurité des musées, le député LR Alexandre Portier, a estimé que le Louvre était "devenu un Etat dans l'Etat". Il a appelé le ministère de la Culture à "reprendre la main" pour remédier à la "chaîne de dysfonctionnements" ayant permis le cambriolage du 19 octobre.

Le Louvre est "devenu un Etat dans l'Etat" et le ministère de la Culture doit "reprendre la main" pour remédier à la "chaîne de dysfonctionnements" ayant permis le cambriolage du 19 octobre, a estimé jeudi le président de la commission d'enquête sur la sécurité des musées.

La gestion du musée étrillée

Dressant un bilan à mi-parcours de leurs travaux après quelque 70 auditions, le député LR Alexandre Portier et le rapporteur de la commission Alexis Corbière (ex-LFI) ont étrillé la gestion du musée le plus visité du monde, dans la tourmente depuis le vol de joyaux de la Couronne française.

"Le vol du Louvre n'est pas un accident, il révèle des défaillances systémiques du musée" et "un déni des risques", a estimé Alexandre Portier lors d'une conférence de presse, assurant que "le pilotage du Louvre (était) aujourd'hui défaillant". "Ce qui est frappant, c'est de voir que le Louvre est devenu un État dans l'État", a-t-il également estimé.

"Il y a l'impression qu'il y a un cas particulier du Louvre dans son fonctionnement et dans ce que j'appellerais une hyper-présidence au musée du Louvre", a renchéri Alexis Corbière.

Le ministère de la Culture convié à "reprendre la main"

Fragilisée par le cambriolage et une série de dysfonctionnements au Louvre, sa présidente Laurence des Cars sera entendue mercredi par la commission, a annoncé Alexandre Portier, qui s'est interrogé sur son maintien en poste malgré la tempête. "Très clairement, il y a une liste de défaillances qui aurait déjà conduit dans pas mal de pays et d'établissements à un départ depuis longtemps", a estimé le député.

Face aux "défaillances", le président de la commission a également appelé le ministère de la Culture, autorité de tutelle, "à reprendre la main" et critiqué "la dérive des pouvoirs publics" dans la gestion du musée.

La ministre de la Culture, Rachida Dati, sera entendue devant la commission d'enquête lundi après-midi, ont annoncé ses deux responsables. Constituée début décembre, la commission rendra ses conclusions début mai.

Jeudi, les personnels du Louvre, engagés depuis mi-décembre dans une mobilisation pour de meilleures conditions de travail, ont maintenu leur préavis sans voter à nouveau pour une grève. Interrogée, la direction a indiqué que le musée avait "ouvert partiellement", sans autre précision.