Un dispositif pour que les femmes battues puissent porter plainte directement aux urgences

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Ce dispositif pour porter plainte pour violences conjugales depuis l'hôpital pourrait être généralisé à toute la France. (illustration) 1:47
Ce dispositif pour porter plainte pour violences conjugales depuis l'hôpital pourrait être généralisé à toute la France. (illustration) © PATRICK KOVARIK / AFP
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Un dispositif original pour venir en aide aux femmes victimes de violences conjugales a été mis en place à l'hôpital du Cateau-Cambrésis dans le Nord. Il permet à ces femmes de porter plainte directement auprès de gendarmes installés sur place. Reportage d'Europe 1. 
REPORTAGE

Depuis le début de l'été, à l'hôpital du Cateau-Cambrésis dans le Nord, les femmes admises aux urgences après des violences subies de la part de leur conjoint ont la possibilité de déposer plainte au sein même de l'hôpital. Ce sont les gendarmes qui se déplacent dans l'établissement pour recueillir ces plaintes et mettre en oeuvre une procédure, quand ils sont alertés par les médecins. Cela permet entre autre de "libérer" certaines femmes de l'emprise de leur conjoint violent. Une expérience que le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti est venu observer sur place, jeudi, et qui pourrait être généralisée dans toute la France.

"Très souvent immédiat"

Quand les premiers soins médicaux ont été prodigués, après un entretien avec un psychologue, il y a un petit bureau au cœur des urgences, que montre le chef de service Benjamin Paule au ministre Eric Dupond-Moretti. Un dispositif pour que "les gendarmes puissent venir auprès des victimes, ici, pour mettre en place le dépôt de plainte. C'est très souvent immédiat", ajoute-t-il.

Eviter une "fuite" de patientes

Cette prise en charge au sein même de l'hôpital permet de ne pas laisser rentrer chez elles des femmes victimes, à la merci du conjoint violent. "Il y a forcément sur le chemin des femmes qui vont subir l'emprise de leur compagnon ou de leur famille, qui ne vont pas réussir à pousser la porte de la gendarmerie ou du commissariat parce que c'est compliqué", reconnaît Claire Dreyfus, sage-femme référente. "Là, on évite toute cette fuite de patientes."

"En attendant qu'il y ait une mesure d'éloignement du conjoint violent", ces femmes, souvent mères de familles, "peuvent être hébergées temporairement dans les locaux de la maternité. Donc elles sont rassurées, moins angoissées", précise Carine Wanegue, assistante sociale.

Aux urgences de cet hôpital, les gendarmes enregistrent chaque semaine deux à trois plaintes de femmes battues.

Europe 1
Par Lionel Gougelot, édité par Séverine Mermilliod