Un an après le drame rue d'Aubagne à Marseille, une exposition photo dédiée aux délogés

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Huit personnes sont mortes dans l'effondrement de deux immeubles du centre-ville de Marseille le 5 novembre 2018.
Huit personnes sont mortes dans l'effondrement de deux immeubles du centre-ville de Marseille le 5 novembre 2018. © Nathalie Chevance / Europe 1
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Le 5 novembre 2018, à Marseille, l’effondrement de deux immeubles rue d'Aubagne faisait huit morts. Trois cent cinquante-six autres étaient ensuite évacués par précaution.
REPORTAGE

Il y a près d'un an à Marseille, l’effondrement de deux immeubles rue d'Aubagne faisait huit morts. Le 5 novembre prochain, toute la ville commémorera ce drame sans précédent qui a profondément marqué les marseillais. Mardi, une exposition photographique dédiée aux délogés a été inaugurée en présence de certains des sinistrés.

Des habitants obligés de fuir leur logement

Les dizaines de clichés pris pendant des mois à travers la ville par le photoreporter Anthony Micaleff témoignent de ce qui s’est passé après le drame de la rue d’Aubagne : 356 immeubles évacués par précaution et pour certains frappés d’arrêtés de périls, des habitants obligés de fuir leur logement et de faire leurs cartons dans la rue. 

"On voit des foules de gens qui quittent leur logement avec des valises à la main", commente le photographe. "Il y a une ambiance assez dramatique dans les visages des gens, qui sont prostrés, qui ne comprennent même pas ce qui peut se passer. Quand on vient sonner chez vous en disant qu'il faut être dehors dans 20 minutes avec vos bagages…" 

"Montrer encore et encore tout ce que ça a provoqué"

Parmi les délogés présents au vernissage, Marie, qui pleure devant une photo où elle se reconnaît. "C'est au milieu des immeubles qu'ils ont détruits et desquels on a été évacués. Je connais quasiment toutes les personnes qui sont sur ces photos. C'est nécessaire de montrer encore et encore tout ce que ça a provoqué", souligne-t-elle. Une exposition pour se rappeler le drame et ses conséquences. "C'est le moment où je repasse chez moi prendre des affaires", constate de son côté David, qui se voit sur un autre cliché. "J'emporte notamment une bouilloire pour reconstituer un quotidien qui a du mal à exister. J'ai besoin de sentir qu'il y a de nouveau une prise de conscience de la gravité de ce qui s'est passé dans cette ville."

Europe 1
Par Nathalie Chevance, édité par Séverine Mermilliod