Marseille : 9 minutes de silence pour les victimes de la rue d'Aubagne

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Marseille, rue d'Aubagne crédit : GERARD JULIEN / AFP - 1280
Plusieurs dizaines de Marseillais se sont rassemblés dimanche pour rendre hommage aux victimes de la rue d'Aubagne. © GERARD JULIEN / AFP
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Six mois après l'effondrement mortel de trois immeubles à Marseille, des dizaines d'habitants se sont rassemblés dimanche matin pour rendre hommage aux huit victimes. 

Des dizaines de Marseillais se sont rassemblés rue d'Aubagne dimanche matin pour rendre hommage aux huit victimes de l'effondrement des immeubles six mois plus tôt.

À 9h05, heure à laquelle les 63 et 65 rue d'Aubagne se sont effondrés le 5 novembre, entraînant dans leur chute l'immeuble voisin du 67, des dizaines de personnes se sont rassemblées malgré un vent glacial au plus proche du lieu du drame, toujours impossible à approcher. 

Une torche pour chaque victime

Ils ont observé neuf minutes de silence, pour certains en pleurs. Deux conseillers municipaux d'opposition, Benoît Payan (PS) et Jean-Marc Coppola (PCF) étaient présents. En mémoire des huit morts dans les effondrements : Simona, Julien, Niasse, Cherif, Ouloumé, Emmanuelle, Taher - des voisins et des proches ont allumé des torches et entamé une procession dans le quartier.

Une neuvième torche pour l'octogénaire touchée par une grenade lacrymogène

"Nous avons aussi prévu une 9ème torche pour Zineb, une victime collatérale de la rue d'Aubagne", a déclaré une membre du collectif du 5 novembre, qui organisait la commémoration. Zineb Redouane, une octogénaire, avait été touchée au visage par des morceaux de grenade lacrymogène lors d'une manifestation notamment contre le logement indigne, le 1er décembre, alors qu'elle se trouvait à sa fenêtre, au 4ème étage. Elle était décédée le lendemain, sur la table d'opération.

Six mois après le drame de la rue d'Aubagne, la psychose sur les immeubles menaçant de s'effondrer reste vive. 2.558 personnes ont été évacuées de leur immeuble, déclaré "en péril", après le 5 novembre. Plus de 600 Marseillais vivent encore à l'hôtel, en l'attente d'un relogement.

Des associations en appellent aux pouvoirs publics

Dans un communiqué, la fondation Abbé Pierre estime que "plus de 100.000 personnes vivent toujours dans des logements indignes" à Marseille et appelle à un "sursaut des pouvoirs publics dont la réponse a été jusqu'à maintenant bien insuffisante au regard de l'ampleur de la crise".

Le Collectif du 5 novembre - Noailles en colère et la Fondation Abbé Pierre demandent la signature d'une charte de relogement impliquant l'État, la Métropole et la Ville avec des engagements permettant de garantir les droits des délogés.

Vendredi, la mairie de Marseille a annoncé la signature d'une charte avec les professionnels de l'immobilier, notamment la Fnaim (fédération nationale de l'immobilier) pour améliorer les diagnostics et la prise en charge des situations à risque.